Parole libératrice !

Publié le par Paroisse Leguevin

Parole libératrice !

ANNE A.  03° Dimanche du Temps Ordinaire. Samedi 29 Avril 2017

 

 

Deux disciples, enfermés dans leur peine et leur déception s’éloignent tristement de Jérusalem. Mais un inconnu les rejoint et les fait parler des derniers événements. Mettre des mots sur ce qu’ils ont vécu leur permet de dépasser leur émotion et les rend capables d’écouter à leur tour leur compagnon de route , leur donnant la possibilité d’accéder à la foi.

 

A nous aussi, il est sûrement arrivé de faire cette expérience d’une parole libératrice. Quand nous pensons avoir atteint le fond du désespoir, quand nous ne savons plus comment sortir d’une situation impossible, mettre des mots sur cette souffrance permet de prendre du recul et de la dépasser. C’est le témoignage de cette dame qui dit : « Après la mort de ma fille, c’est une équipe d’amies qui m’a  sauvée, en me permettant de parler et en m’écoutant. Dans ma famille, ou aurait souhaité que j’oublie ce qui s’était passé. Comme si c’était possible ! On me disait que je me faisais du mal… »

 

Dans l’Eglise, beaucoup de groupes proposent de lieux de partage de vie, où chaque personne peut parler en étant reconnue et acceptée comme elle est. En effet, cette parole qui remet debout, qui fait vivre, n’est possible qu’en présence

  • d’une écoute réelle, comme celle de Jésus aux côtés des deux disciples,
  • une écoute qui n’est pas une simple politesse,
  • mais qui est la manifestation d’un intérêt véritable pour ce que l’autre vit et dit.

Et dans ces moments privilégiés de rencontre d’une parole vraie et d’une écoute attentive, on peut, comme les disciples d’Emmaüs, sentir notre cœur « brûlant en nous ». Dans la foi, grâce à nos amis, nous reconnaissons alors la présence à nos côtés de Celui qui nous accompagne sur nos routes humaines, le Christ ressuscité !

 

            Ayant trouvé un compagnon de route leur permettant une parole libératrice, leur ouvrant le cœur à la reconnaissance du Christ ressuscité lors du partage du pain, les disciples d’Emmaüs auraient pu se contenter de ce bonheur tranquille et en rester là…

Au contraire, oubliant la nuit qui tombe et la fatigue d’une journée de marche, ils retournent aussitôt à Jérusalem pour annoncer la Bonne Nouvelle aux Apôtres.

 

            La rencontre du Christ ressuscité, sur les chemins de Palestine comme dans toute autre circonstance, est une force qui pousse à se mettre en route. Et la Parole va se libérer peu à peu, pour éclater en pleine lumière au jour de la Pentecôte, devant des juifs fervents venus de toutes les nations. Abandonnant leur peur qui, jusque-là, les tenait enfermés, la Apôtres proclament la Bonne Nouvelle : « Ce Jésus que vous avez supprimé en le clouant sur le bois de la Croix … Dieu l’a ressuscité… Il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis… et il l’a répandu sur nous ». C’est le début de la grande aventure, le point de départ d’une Parole qui va transformer le monde et qui nous permet de reconnaître le Christ vivant parmi nous aujourd’hui.

 

            A notre tour, nous avons reçu cette Parole des chrétiens qui nous ont précédés. Notre baptême et notre confirmation nous ont donné le même esprit qui a poussé les Apôtres à sortir pour proclamer leur foi.  Dans le pain de l’Eucharistie, nous reconnaissons le Christ ressuscité qui nous fait vivre de sa vie.

Qu’en faisons-nous ?

  • Sommes-nous des chrétiens assoupis sur une Nonne Nouvelle que nous gardons tranquillement pour nous ?  Ou sommes-nous des chrétiens en route pour partager la joie qui nous habite ?
  • Sommes-nous des chrétiens frileusement repliés sur nous-mêmes et notre peur ? Ou sommes-nous des chrétiens témoins d’une Parole qui nous fait vivre dans nos choix et nos actions ?

Publié dans Mot Père Philippe

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