¬Aspects de l’Eucharistie

Publié le par Paroisse Leguevin

         ¬Aspects de l’Eucharistie

ANNEE A. Dimanche de la Fête‑Dieu. Léguevin.  17 et 18 Juin 2017

 

La fête liturgique que nous célébrons aujourd'hui, instituée par le Pape Urbain IV en 1264, porte plusieurs appellations. On parle de la Fête‑Dieu, de la fête du Corps et du Sang du Christ, ou encore de la fête du Saint Sacrement. En fait c'est tout simplement la Fête de la Messe ou de l'Eucharistie. Ce qui nous permet de reprendre, sans souci d'ordre ou de grandeur, quelques aspects fondamentaux de l'Eucharistie.

 

Tout d'abord, l'Eucharistie est un repas qui nous rassemble. Au coeur de notre foi, il y a ce repas que nous partageons et qui nous rappelle que Dieu est présent « là où deux ou trois sont réunis en son nom ». L'acte religieux par excellence n'est ni un agenouillement, ni une prostration de l'homme, mais un partage au cours d'un repas. L'Eucharistie n'est pas une communion solitaire avec Dieu mais une « une parabole du partage des richesses de la terre entre fils et filles d'un même Père ».

 

Un deuxième aspect de l'Eucharistie est qu'elle est un geste qui nous compromet. Quand Jésus, à la dernière Cène, dit: « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang livrés pour vous », il veut dire : « Voici toute ma Vie donnée pour vous ». Il anticipe dans un acte symbolique qui est le repas avec ses disciples, ce qu'il va faire réellement le lendemain: les aimer jusqu'au bout, leur donnant tout, jusqu'à sa propre vie.

Et lorsque nous refaisons cela en mémoire de lui, lorsque nous mangeons son pain et buvons à sa coupe, nous nous souvenons qu'au centre de la vie de Jésus, il y avait cet amour infini, et nous acceptons nous aussi de donner notre vie à ceux que nous aimons. Nous acceptons d'être Pain et Vin, Vie donnée comme Jésus.

 

Ce Pain et ce Vin dont Jésus fait son Corps et son Sang, sont l'image de notre vie. Ils sont fruits de la terre et du travail des hommes, ils sont l'image de notre vie. Et c'est de ce pain et de ce vin ‑ notre pain et notre vin – que Jésus fait son Corps et son Sang et sa Vie.

Il veut nous enseigner qu'il n'y a rien d'humain qui soit étranger à Dieu. Tout l'intéresse : nos joies, nos souffrances, notre travail, nos espoirs... même, à la limite, le mal que nous commettons. C'est de toute cette vie qu'il fait son Corps et son Sang. C'est tout cela qu'il transfigure de sa présence. Ce qui explique notre souci de confier dans la prière universelle toutes nos intentions afin qu'elles soient remplies de sa présence bienfaisante.

 

Autre aspect de l'Eucharistie : Depuis quelques années, l'Eglise autorise à nouveau la communion à la coupe, pratique qui se faisait jusqu'au Moyen-Age et dont on reparlera au Concile de Trente en 1562. Cette possibilité de communier à la coupe est une chose merveilleuse et riche dont il faut se réjouir, sans toutefois tomber dans une routine regrettable.

Si le pain c'est la nourriture, la force dont nous avons besoin pour la route, le vin lui est l'image de la joie, l'image de l'Esprit Saint dont on dit qu'il rend ivre. Sans le pain, nous sommes faibles ; sans le vin, nous sommes tristes. Quand nous communions ainsi sous les deux espèces, il est possible d'unir encore plus ces deux réalités, en trempant l'hostie dans la coupe de vin. C'est la communion par intinction.

 

Enfin, dernier aspect de l'Eucharistie. Dieu qui nous remplit de sa force et de sa joie, nous veut également « Debout » et il nous envoie vers les autres pour bâtir un monde d'amour, de justice et de paix.

Pour parvenir à réaliser cette mission de collaborateurs de Dieu, il nous est nécessaire de communier à la présence du Seigneur, communier au Seigneur pour communier l'un à l'autre. C'est tout le sens de notre réponse à l'affirmation du prêtre, du diacre ou du laïc qui nous dit « Le corps du Christ ». Par le mot               « Amen », non seulement, nous disons notre accord sur la présence du Christ sous les apparences du pain ou du vin, mais aussi nous donnons notre accord pour ressembler au Christ que nous recevons.

Mais attention, si nous sommes « Corps du Christ », « Sang du Christ », nous sommes aussi son Amour, sa Paix, sa Joie...

 

Alors qu'en avons‑nous donc fait ?

Publié dans Mot Père Philippe

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