Hissons la voile !

Publié le par Paroisse Leguevin

Hissons la voile !

ANNEE A /  PENTECOTE  .   Léguevin  .  3 et 4 Juin 2017

 

Quand on parle de l’Esprit Saint, plusieurs images nous viennent à l’esprit : le feu, le vent, la colombe… Si on veut suggérer l’action de l’Esprit, nous pourrions parler de voiles multicolores qui se lèveraient entre les flots agités de la mer et le ciel serein. Ces voiles se gonfleraient de vent et pousseraient des barques légères vers une destination mystérieuse. On peut imaginer le contraste existant entre la toute puissance du vent qui souffle et la liberté fragile de l’homme qui manœuvre la voilure et tient le gouvernail.

De plus, nous pouvons être soumis au vent violent et irrésistible comme l’ouragan ou au contraire au vent léger et discret comme le murmure insistant… C’est toujours un vent mystérieux . L’apôtre Jean parlant de l’Esprit dit dans son Evangile : « Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni ou il va » (Jn 3/8) Oui, on ne sait pas toujours par quelles routes l’Esprit pousse les embarcations de nos vies vers des continents nouveaux.

 

Le vent de Dieu conduit Jésus lui-même au « désert » pour le mettre à l’épreuve des ambiguïtés et des choix fondamentaux, tout en lui donnant la force et la lumière qui mettent sur ses lèvres une réponse définitive, celle qui affirme sa volonté d’être intimement uni à son Père pour accomplir avec lui, son dessein. 

 

Le vent de Dieu de la Pentecôte chasse les peurs et met les amis de Jésus sur les routes des nations et des civilisations. Ils sont en mouvement, ils s’en vont pour bâtir un monde réconcilié, un monde de fraternité. Ils chassent les esprits de division et de haine. Là où est capté ce vent de Dieu, quelque chose de nouveau bouge. Une nouvelle création est possible ! Une véritable résurrection surgit !

 

Le vent de Dieu jette Paul à terre sur le chemin de Damas et le fait se lever, homme nouveau de la Bonne Nouvelle. Il saisit François d’Assise sur les voies de la facilité et lui fait prendre les chemins de Dame Pauvreté. Il arrache à la somnolence de la rive, à l’indifférence des plages et fait se lever tant d’hommes et de femmes en une foule immense en marche vers des terres nouvelles. Combien ont répondu à un appel sans savoir où leur réponse les conduirait. Poussés par l’Esprit, ils sont devenus des « disciples-missionnaires d’une Eglise ‘en sortie’ - selon l’expression du Pape François dans son exhortation « La joie de l’Evangile » - pour offrir à tous la vie de Jésus Christ annonçant la Bonne Nouvelle. »

 

Le vent de Dieu, aujourd’hui encore, met en mouvement des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants… même à leur insu. Il souffle dans le secret des cœurs : dans la retraite d’une carmélite ou d’un trappiste, dans la bousculade de nos vies, dans les interrogations portant sur le sens de nos vies, dans les communautés chrétiennes qui se rassemblent pour accueillir non seulement le Seigneur mais aussi ses frères humains…  et jusque dans la tempête d’un mouvement de contestation ou de révolution.

 

Ce vent de Dieu entraîne l’humanité sur les vagues des mutations et ouvre, devant elle, par de lentes évolutions, des terres nouvelles. Il emporte sur les chemins de la liberté, hors des foules moutonnières et indifférentes.

Mais attention, parfois les voiles se laissent gonfler par des dérives nous transportant dans un monde imaginaire, vers celui des « mille et une nuits » …. Alors que le vrai vent de Dieu - selon l’apôtre Paul aux Galates - doit avoir pour fruits : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi » (Galates 5/22-23)

 

Tous embarqués dans l’aventure de l’Eglise, n’hésitons pas à hisser les voiles de notre foi  pour qu’elles se gonflent du souffle de la vie de Dieu et nous conduisent au-delà des frontières de notre couple, de notre famille, de notre quartier… pour atteindre les périphéries humaines de notre société.  

Publié dans Mot Père Philippe

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