Nous unir davantage au Christ

Publié le par Paroisse Leguevin

Nous unir davantage au Christ

ANNEE A . 14° Dimanche du  Temps Ordinaire. Léguevin. 09 juillet 2017

 

 

 

En cet Evangile, dans un premier temps Jésus s’adresse à son Père dans une sorte de confidence très intime. Il lui demande de veiller sur nous, dans la mesure où nous sommes tout-petits.

Puis ses paroles nous invitent à le suivre en acceptant de porter un fardeau qui se ré­vèle léger quand c'est le sien qu'il nous fait partager. Une double leçon qui n'en fait qu'une : nous unir davantage au Christ.

 

       Toutes ces paroles vont à l'encontre de ce que le monde nous offre. Jésus aime surprendre et même heurter. Comme pour les Béatitudes entendues au début de l'année, aujourd'hui il en est de même. Jésus se réjouit de ce que sa révélation ne s'adresse ni aux savants ni aux sages ou à ceux qui ont de l'importance, mais aux petits, aux humbles.

       Jésus prend la peine de préciser : les «tout‑petits». Il s'agit plus que d'une nuance. La première lecture tirée du prophète Za­charie va dans le même sens : appel à l'hu­milité, à la modestie du roi qui est victo­rieux des ennemis en montant sur un petit âne et non sur un char royal.

       Dans le monde d’aujourd'hui il faut être savant pour avoir la meilleure situation possible et gagner beaucoup d'argent. Il faut avoir beaucoup d'expérience pour avoir une sagesse humaine qui permette d'avoir un avis autorisé sur tout.

       Au con­traire, être petit, même tout‑petit, et le res­ter, ne fait envie à personne. Le petit est faible, il se fait écraser par tout le monde, il n'est jamais reconnu, encore moins célé­bré. Mais dans la bouche de Jésus le « tout-­petit » est encore autre.

Et nous connaissons tous un tout‑petit, qui refuse la place d'honneur et se con­tente d'entrer à Jérusalem assis sur un pe­tit âne, et prend la place de l'esclave pour laver les pieds de ses disciples, celui qui se laisse accuser faussement lors de son procès, celui qui meurt comme un malfai­teur. Et ce petit est Jésus lui‑même. Lui qui aujourd'hui rend grâce à son Père très bon de ce que son message est révélé aux « tout‑petits », les bien‑aimés du Père, dis­ciples du seul et vrai Petit.

 

       La fin du message prend alors toute sa valeur. Jésus parle d'un double fardeau : d'une part un fardeau trop lourd à porter, dont il faut se décharger, et d'autre part un fardeau qui vient de lui et qui est lé­ger et facile à supporter. Nous avons tous des fardeaux insupportables qui pèsent sur nos épaules : d'abord nos péchés, nos vio­lences, haines, infidélités, mais aussi ce dont nous ne sommes pas responsables : maladie, chômage, accidents, angoisses de toutes sortes…  Jésus nous propose une sorte d'échange : remettons‑lui notre fardeau et prenons celui qu'il nous propose.

       Mais nos fardeaux nous collent telle­ment à la peau que nous avons de la peine à nous en défaire. Nous avons peur aussi de cet autre fardeau qui vient du Christ. Ce fardeau qui est sa croix et sa Passion. Et pourtant Jésus prévient : ce fardeau est comme un joug léger à porter. Un joug lé­ger, deux mots qui ne vont pas ensemble !

 

       Pour bien comprendre l'image em­ployée, il faut nous reporter à l'époque où les travaux des champs se faisaient en at­telant des boeufs deux à deux ; on les liait l'un à l'autre en leur posant sur le cou une lourde barre de bois, un joug, qui limitait leurs mouvements mais surtout les obli­geait à marcher ensemble au même pas. Le joug était une contrainte forcément lourde, désagréable et entravant la liberté d'aller seul à sa guise. L'image est très sug­gestive : le joug ne se supporte pas tout seul, il faut être deux pour cela.

Donc si Jésus dit « prenez sur vous mon joug et devenez mes disciples », c'est pour nous inviter à nous laisser lier à lui sous le même joug. Il s'agit d'une vé­ritable alliance dans l'effort pour marcher au même pas avec le Christ.

      

            Si le Christ marche avec nous… n’oublions pas que nous pouvons nous aussi, à notre tour marcher auprès d’autres compagnons d’attelage qui peinent sous les fardeaux de la vie.

Publié dans Mot Père Philippe

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