Chercher le visage du Seigneur !

Publié le par Paroisse Leguevin

Chercher le visage du Seigneur !

ANNEE A : LA TRANSFIGURATION. Léguevin. A.D.P. Dimanche 6 Août 2017

 

 

Dans le hall de gare, une foule de gens attend un parent, un ami, un mari, une épouse, à l’arrivée du train…  Les visages sont comme fermés, tendus par l’attente… Et puis, au fur et à mesure qu’apparaît quelqu’un en haut de l’escalier, un visage s’éclaire soudain en écho à un autre visage qui s’ouvre. Et peu à peu, les visages rayonnent les uns après les autres…

 

La Transfiguration sur la montagne, que nous fêtons aujourd’hui, a également illuminé le visage de Jésus de Nazareth et révélé la « face cachée » du Fils de l’Homme. Alors qu’il priait, son corps d'homme fut imprégné de lumière, « son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière ». En quelques instants, la divinité et la gloire de Jésus transfigurent son corps humain et son visage, ce visage qui sera « défiguré » par la passion, mais qui sera ensuite « transfiguré » par le Résurrection.

Sont témoins de cette transfiguration Pierre, Jacques et Jean, les mêmes qui seront choisis pour assister à la « défiguration » de Jésus, au Jardin des Oliviers, le Jeudi Saint dans la nuit. Cela confirme bien que la Transfiguration est, pour ainsi dire, un événement pédagogique : les souffrances cruelles du départ de Jésus, sa passion et sa mort... le conduisent à la grande glorification de sa Pâque !

 

Mais que savaient-ils vraiment ces disciples de Celui qui les avait appelés et qu’ils avaient suivi ? A mi-parcours de sa « vie publique », ils pressentaient certainement qu’il était l’Envoyé de Dieu, comme en témoigne l’affirmation de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Matthieu 16/17)  Mais pouvaient-ils imaginer qu’en lui résidait la Gloire de Dieu ?

  • Il était le fils d'un charpentier de village... avec des mains capables de travailler le bois et de saigner quand il se blessait sur son établi... avec des yeux qui pleuraient quand il souffrait de la mort de son ami Lazare...
  • Il avait faim et soif comme eux et partageait leurs repas. Il marchait avec eux et éprouvait leurs fatigues. Il réagissait devant les personnes et les événements, ému ou agacé, déçu ou émerveillé…

Mais voilà sur la montagne, se révèle soudain le vrai visage de Celui pour qui Dieu dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »

 

Une question se pose ! En quoi cette transfiguration rejoint-elle nos vies ?

 

Nos visages sont bien souvent modelés de l’intérieur par notre hérédité et notre parcours de vie. Travaux, soucis, fatigues du corps et du cœur en burinent les traits. Notre existence, balisée par les efforts, les faiblesses et la misère, la haine et la déception… sculpte notre portrait.

            Par contre la lumière et la beauté auréolent le visage d’une femme ou d’un homme habités par la foi, par la paix, la tendresse et le bonheur de donner, d’aimer, d’aider, de sauver… Nous sommes souvent frappés également par l’étrange luminosité des visages de celles et ceux qui prient… Ne devrait-on pas voir sur notre visage la joie que nous éprouvons  d’avoir communié à l’eucharistie ?

 

            Nous rencontrons fréquemment des personnes dont la vie est abîmée par la maladie, l’épreuve, la solitude, la méchanceté ou la déprime. N’oublions pas non plus ceux que nous « défigurons » par nos critiques, nos jugements sans appel, nos médisances et nos calomnies. Notre regard mauvais est un miroir déformant…

            Nous avons, dans nos yeux, dans nos mains et sur nos lèvres, le pouvoir de « transfigurer » ces visages. La lumière de notre foi, la lucidité de notre respect, la bienveillance de notre regard, la chaleur de notre affection et de notre sourire peuvent accomplir ce miracle. L’avons-nous fait ? 

 

Si notre vie doit être une recherche du Seigneur, ne le cherchons pas dans les nuages. Son Visage est dans celui de nos frères ! Et quel Visage du Christ donnons-nous à voir à ceux qui le cherchent ?

 

Publié dans Mot Père Philippe

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