Qui perd gagne !

Publié le par Paroisse Leguevin

Qui perd gagne !

ANNEE A.  22° Dimanche du Temps Ordinaire. Léguevin . 02 et 03 Septembre 2017

 

 

Qui d’entre nous n’a pas joué – au moins une fois dans sa vie – à « qui perd gagne », jeu où les règles sont inversées et où le perdant gagne la partie. Nous retrouvons le même processus dans les textes de ce dimanche présentant un nouvel ordre de valeurs : la souffrance devient féconde et la mort engendre la vie.

 

            Ainsi, selon la première lecture, Jérémie, en butte à la raillerie, est tenté de déserter, d’en finir avec la mission que le Seigneur lui avait confiée. Mais le « feu » et la passion qui brûlent en lui en feront, au plus fort de l’épreuve, un grand semeur d’espérance et le visionnaire d’une nouvelle alliance.

            Dans l’Evangile, nous suivons Jésus, en route vers Jérusalem. Il sent que tout va finir mal pour lui. Les autorités sont de plus en plus braquées contre lui : s’il poursuit sa mission, il lui faudra « souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes. » Il sera arrêté, jugé, condamné à mort, exécuté. 

Lui, le Fils de Dieu, renonçant à ce qu’il aurait pu légitimement revendiquer va prendre le chemin de la croix, « perdre sa vie pour la trouver » en ressuscitant. En effet, sa vie, « nul ne peut lui enlever, il la donne de lui-même » (Jn 10.18). Il la donne par amour pour le Père et pour les hommes que le Père aime. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15/13)  

 

            Après avoir dit qu’Il «  lui fallait souffrir beaucoup et être tué »,  Jésus ajoute, à l’adresse de Pierre et des chrétiens à venir - dont nous faisons partie - : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite… qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.» Pour nous aussi, la croix est notre véritable épanouissement : « Qui perd sa vie la gagne ! »

Les paroles de Jésus semblent aller à contre courant. Le monde autour de nous et nous-mêmes, bien sûr, nous sommes emportés par cette mentalité ambiante … nous fuyons la croix.

Le monde moderne, plus que les âges précédents, plus que toutes les civilisations précédentes, à cause de la réussite technique et scientifique, prône explicitement l’épanouissement, le plaisir, comme but de la vie. « Il faut se réaliser, il faut vivre sa vie, faire ce qui plaît …» Et tout, dans notre société, nous matraque pour que nous adoptions ce point de vue.

 

            Malgré les apparences, le programme de Jésus n’est pas périmé. Il reste même d’une brûlante actualité. « Qui veut me suivre, qu’il prenne sa croix ». L’amour de soi-même reste une caricature de l’amour. L’amour de soi conduit tout droit au mépris de l’autre et parfois même à la domination de l’autre.

Le seul amour digne de ce nom c’est celui qui se met au service de l’autre jusqu’à vouloir son bonheur : il n’y a pas d’amour vrai sans capacité de renoncer pour l’autre. Reprenant saint François d’Assise nous pourrions faire nôtre sa prière : « Seigneur fais que je ne cherche pas tant d’être compris que de comprendre, d’être aimé que d’aimer !»  

 

            Cette passion « ce feu brûlant dans les cœurs » pour reprendre les paroles du prophète Jérémie… ce feu brûlant  nous le retrouvons dans tous les hommes de bonne volonté ayant le souci de ceux qui les entourent. Quand on croit en l’homme, quand on croit à l’autre, quand on aime vraiment, tout devient possible ! Et on réalise des prouesses quelque soit notre niveau de responsabilité dans la société, la commune ou la paroisse.

Si une mère est capable de « risquer sa vie » par amour pour son enfant… si un jeune homme est capable de « donner sa vie » pour sa fiancée… pourquoi ne serions-nous pas capables de nous dépasser nous-mêmes par amour pour le Seigneur et pour nos frères les hommes.

 

            Si nous n’avons pas peur du « qui perd gagne », les épreuves, les fatigues, les échecs, les obstacles, les contradictions de toutes sortes, les moqueries de ceux que nous souhaitons aider… ne nous empêcheront pas de « suivre le Christ » même si le fardeau est lourd… mais nous aurons la joie d’être allé jusqu’au bout de nous-mêmes pour le bien de tous.  

Commenter cet article