Seigneur sauve-nous !

Publié le par Paroisse Leguevin

Seigneur sauve-nous !

ANNEE A / 19° Dimanche du Temps Ordinaire. Léguevin 13 Août 2017

 

 

Elie, épuisé dans sa lutte contre les idolâtres ; Paul, en proie à une grande tristesse « pour les Juifs, ses frères de race »; Pierre qui commence à couler dans les eaux du lac de Tibériade. Trois moments de découragement et de doute, vécus par nos aînés dans la foi.

 

De ces trois personnages, Paul est peut‑être le plus proche de nous. L'incrédulité et le non‑accueil de sa prédication par ses frères de race lui sont cause de scandale et de déception.

Les parents actuels vivent ces mêmes sentiments en faisant le bilan de l'éducation de leurs enfants. Ils les avaient si bien élevés : une bonne école, l'aumônerie de leur lycée, la participation à des groupes de réflexion ou aux scouts, l'exemple d'une famille chrétienne... et pourtant, peu à peu, ils s'écartent de cette foi qui donne sens à la vie. Et ces parents ne cessent de répéter : « Nous n'avons pas su leur transmettre la foi de nos pères ».

Mais il n'est pas question pour eux de sombrer dans le découragement. Qu'ils essayent plutôt de conserver l'espérance. Qui dira la fécondité de leur muette douleur ? Qui sait si leur respect devant la liberté de leur enfant qui se veut incroyant, n'est pas, auprès de lui, témoignage en faveur de ce Dieu qu'il rejette ? Et puis, que savent‑ils de la vie intérieure de tel jeune qui se dit athée ? Les chemins de Dieu ne sont pas forcément les leurs.

 

L'expérience d'Elie est plus dramatique. Il a dû fuir la colère de la reine Jézabel et il s'est découragé dans sa traversée du désert d'autant plus que les fils d'Israël ont abandonné leur alliance avec Dieu, ont démoli les autels et tué les prophètes. Son échec n'a pas pour cadre sa seule famille mais tout un peuple.

Nous pouvons transposer à notre actualité : Naguère, nos églises étaient pleines, le clergé du diocèse était nombreux et tous les enfants allaient au catéchisme. Aujourd'hui, l'eucharistie n'est plus célébrée qu'une fois par mois dans certaines paroisses et selon les statistiques du diocèse, peu d’enfants scolarisés sont inscrits en catéchèse.

Au lieu de nous emporter ou de baisser les bras, ne serait‑il pas plus judicieux, comme Elie, de nous remettre en route pour rencontrer Dieu, pas forcément là où nous pensions le trouver. Elie crut l'entendre dans le tremblement de terre et dans le feu, mais le Seigneur n'était que dans « le murmure d’une brise  légère ».

Nous‑mêmes, nous pensions peut‑être le trouver dans la ferveur d'un grand rassemblement, alors qu'il nous attend dans la solitude de la nature ou dans les rencontres d'une journée de travail bien fastidieuse. Notons au passage que cette période des vacances où beaucoup sont à la recherche de silence, est en lien étroit avec cette première lecture.

 

Ainsi donc, Dieu apparaît souvent là où nous ne le cherchons pas. L'expérience d'Elie sera celle des Apôtres. L'Evangile de Matthieu nous montre les disciples rassemblés dans une barque « battue par les vagues » avec le vent qui lui était contraire.

Souvenons‑nous que dans la tradition biblique, la mer symbolise toujours le lieu où s'exercent les forces du mal. La mer n'est pas la demeure de Dieu et c'est pourtant là que le Christ va rejoindre les disciples qui, dans leur peur, ne pouvant comprendre poussent des cris en croyant voir un fantôme !  Pierre lui‑même doute : « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne‑moi de venir vers toi sur les eaux ».

Cet homme, partagé entre la confiance et la crainte, comme nous lui ressemblons ! Bien souvent, nous nous lançons dans l'action ou dans de belles paroles comme Pierre se lance dans les eaux du lac. Et puis la peur nous saisit comme lui.

Si le Christ était présent dans la tempête, allant vers ses disciples en marchant sur la mer, il est encore présent aujourd'hui dans les tempêtes de nos vies alors que nous sommes en proie au doute et à la révolte.

Le Christ est présent à son Eglise, même aux heures sombres où la barque est ballottée par les vagues de la persécution ou des contestations internes, exposée au vent du matérialisme ou de l'égoïsme collectif. Le Christ est présent à son Eglise aujourd’hui comme hier.

 

Osons crier comme Pierre : « Seigneur sauve‑moi ! » Comme lui, prenons la main que Dieu nous tend... qu'il nous aide à sortir de notre grotte, de notre caverne, qu'il vienne nous « dé‑nicher » pour ouvrir nos yeux et nos coeurs à sa lumière et à sa parole.

 

Publié dans Mot Père Philippe

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