Je dédie cette chanson à Milko...

Publié le par Paroisse Leguevin

Dimanche, c'était la journée mondiale du Migrant et du Réfugié...

Je dédie cette chanson à Milko, dessinateur d'icônes,
migrant européen et bulgare,
sans abri et sans ressources,
rencontré en Décembre à Toulouse.

  • Avec lui, j'ai compris que l'on pouvait renoncer à tout, sauf à sa foi.
  • Avec lui, notre famille a partagé au petit matin un café et a reçu la lumière de son sourire.
  • Avec lui, nous avons mangé au centre social du Grand Ramier et nous nous sommes immergés dans le monde de la grande précarité.
  • Avec lui, j'ai découvert le réseau associatif et social toulousain, j'ai identifié ses forces et ses faiblesses.
  • Avec lui, j'ai vécu une journée galère, renvoyés d'une structure à une autre avec le sentiment d'être indésirable et que le parcours pour s'intégrer allait durer une éternité.
  • Avec lui, j'ai appris la patience. Se comprendre sans parler la même langue ... et surtout accepter de poser une seule action après l'autre, non pas celle qui me paraissait la plus efficace, mais celle qui lui semblait la plus vitale au moment de chaque rencontre.
    Ainsi, prier, fut plusieurs fois pour lui d'une plus grande nécessité que d'aller quêter un toit pour dormir.
  • Ensemble, nous avons prié notre frère aîné le Christ, sans comprendre les mots de la prière de chacun, mais sûrs que le Seigneur allait accueillir la prière qui montait de nos coeurs.
  • Avec lui, j'ai compris la peur d'être chassé par la police, méfiante en raison d'un physique associé à celui d'un islamiste, et la violence qui règne dans le milieu des hommes errants la nuit.


Je dédie cette chanson à Milko qui a presque rassemblé l'argent de poche pour un retour en Bulgarie.
Si vous le croisez comme moi en lui servant
du café chaud préparé dans un thermos,
dites-lui que j'ai racheté papier, crayon et gomme
pour qu'il puisse à nouveau dessiner cette icône,
volée le soir même où il l'a terminée.

Dans les rues de Toulouse,
plus de traces de toi, mon ami...
Que le Christ que tu aimes tant
t'accompagne jour et nuit.

                                            Béatrice

Ce que j'oublierai c'est ma vie entière
La rue sous la pluie, le quartier désert
La maison qui dort, mon père et ma mère
Et les gens autour, noyés de misère...
En partant d'ici
Pour quel paradis
Ou pour quel enfer ?
J'oublierai mon nom, j'oublierai ma ville
J'oublierai même que je pars pour l'exil.
Il faut du courage pour tout oublier
Sauf sa vieille valise et sa veste usée
Au fond de la poche un peu d'argent pour
Un ticket de train aller sans retour
Aller sans retour.
J'oublierai cette heure où je crois mourir
Tous autour de moi se forcent à sourire
L'ami qui plaisante celui qui soupire
J'oublierai que je ne sais pas mentir
Au bout du couloir
J'oublierai de croire
Que je vais revenir
J'oublierai même si ce n'est pas facile
D'oublier la porte qui donne sur l'exil
Il faut du courage pour tout oublier
Sauf sa vieille valise et sa veste usée
Au fond de la poche un peu d'argent pour
Un ticket de train aller sans retour
Aller sans retour.
Ce que j'oublierais... si j'étais l'un d'eux
Mais cette chanson n'est qu'un triste jeu
Et quand je les vois passer dans nos rues
Etranges étrangers, humanité nue
Quoi qu'ils aient fuit
La faim le fusil
Quoi qu'ils aient vendu :
Je ne pense qu'à ce bout de couloir
 
Une valise posée en guise de mémoire.
 
Paroliers : Juliette Noureddine

Publié dans Migrants, Temoignages

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article