Texte du Dimanche 11 Novembre

Publié le par Paroisse Leguevin

Le prix d’une vie

 

J’avais prévu de vous lire un témoignage, une lettre d’un poilu ou d’un membre de sa famille. C’est en fait un condensé de plusieurs lettres que je vais vous lire.

Les lettres écrites il y a 100 ans à l’occasion de l’armistice faisaient toutes état d’un grand soulagement. Quelques mois encore auparavant, la victoire était inespérée et incertaine. Ce 11 novembre 1918, lorsque les cloches ont sonné dans tous les villages de France, hommes et femmes sont sortis pour crier leur joie. Les rues étaient noires de monde. Tout le monde avait sa cocarde… hommes et femmes bras dessus bras dessous, drapeaux en tête, parcouraient en chantant les boulevards et les grandes avenues…Et les Américains juchés sur leurs camions n’ont pas cessé de parcourir la ville... Quelle ovation sur leur passage ! Et les quelques poilus en perm, quelle fête on leur a fait aussi ! … Et cette vie a duré lundi après-midi et mardi toute la journée. (…) Mais comme nous le rappelle ce poilu : « Tout cela, c’est bien beau et combien de cœurs en joie, mais aussi combien d’autres pleurent les leurs qui ne voient pas ce beau jour. Mais que leur chagrin aurait été encore plus grand si la mort des leurs n’eût servi à rien ! ».

            Alors je ne sais pas si leur chagrin aurait été vraiment plus grand si la mort des leurs n’avait servi à rien. Je ne sais pas si la perte de vies peut se justifier par la victoire lors d’un conflit. Je ne sais pas s’il existe de bonnes raisons d’envoyer des hommes et des femmes vers la mort. Je sais par contre que j’ai une pensée émue en pensant à ces familles détruites par la guerre, à ces vies fauchées en plein vol, à ces gueules cassées en dehors comme en dedans.

La guerre représente l’échec des civilisations. Quand la parole s’efface derrière la violence, nous cessons d’être nous-même.  On nous répète à longueur de journée que la vie n’a pas de prix ! Mais les morts continuent à peupler nos mémoires. Quels enseignements tirons-nous de ces bains de sang ? On peut se le demander quand 20 ans plus tard, une nouvelle guerre mondiale va éclater. Et oui, les vaincus espèrent toujours une revanche mais dans une guerre, il n’y a rarement que des vainqueurs mais toujours au moins un perdant. Et les vaincus se nourrissent toujours de rêve de revanche comme le dit la chanson*.

 

La construction européenne va apporter un peu de stabilité sur le vieux continent. Momentanément puisqu’entre 1991 et 2001, les guerres de Yougoslavie furent les plus meurtrières en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Evidemment, je passe sous silence les guerres de décolonisation, le génocide du Rwanda et tant d’autres.

Il est étonnant de constater que beaucoup des belligérants étaient de culture judéo-chrétienne. Qu’avons-nous fait de l’héritage de Jésus ? Qu’avons compris de son enseignement ? Combien d’autres morts faudra-t-il pour qu’ensemble nous décidions de marcher à sa suite ?

Il est peut-être temps de se mettre en marche, de réfléchir et de s’engager pour enfin devenir digne de son sacrifice.

Dans une guerre, où est le pardon ? Où est la compassion ? Où est l’amour ? Nulle part ! Dans une guerre, il n’y a pas de place pour le Christ.

Alors je crois qu’aujourd’hui, nous pouvons – je dirais même, nous devons – avoir une pensée émue pour toutes ces personnes qui se sont sacrifiées, qu’elles soient françaises, allemandes ou de toute autre nationalité. Et pour que leur sacrifice ne soit pas vain, que nous efforcions d’éviter dans le futur que de telles atrocités ne se reproduisent.

 

 

 

 

 

*NÉ EN 17 À LEIDENSTADT, Jean-jacques goldman

 

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