Présence dans l’absence !

Publié le par Paroisse Leguevin

Présence dans l’absence !

ANNEE C. FETE DE L’ASCENSION. Léguevin.  30 mai 2019

 

 

       Jésus n’a-t-il pas pris des risques en quittant la terre et ses apôtres ? L’Eglise fondée sur Pierre n’était alors qu’une construction fragile ! Qu’allaient devenir les Disciples sans le Maître qui les enseignait et les guidait ? Comment va-t-elle se vivre cette absence ?

 

Dans la première lecture, il nous est donnée une réponse en entendant les derniers mots terrestres de Jésus aux siens. C’est une promesse : « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous.»

       Aujourd'hui, le Seigneur maintient sa promesse et donne cette force aux chrétiens pour affronter les risques de l'Histoire : le choc des progrès techniques, les soubresauts de la violence, l'affrontement des civilisations, le poids du matérialisme qui étouffe la foi... Nous nous demandons parfois : mais où est-elle donc cette force promise à l’Eglise qui paraît aller à la dérive ?

            Si nous ouvrons les yeux, nous voyons cette force à l'oeuvre non seulement parmi tant de chrétiens généreux qui « se décarcassent » au service de l'Église, mais aussi dans le coeur des hommes de bonne vo­lonté. Cette force est à l’œuvre également ici même dans le cœur d’adultes et de jeunes qui ont entendu et répondu à l’appel du Seigneur dans leur vie. Le Seigneur ne cesse d’appeler ! A nous de nous aider mutuellement à répondre.

 

***

            Avec l’Ascension, commence le temps de l’absence : absence physique de Jésus auprès des siens, mais aussi commence le temps d’une autre présence tout aussi bénéfique.

            Jésus lui-même, durant ses trois ans passés auprès de ses disciples, leur a montré l’importance d’être attachés à lui, d’écouter son message, de lui demeurer fidèles. Solidaire de l’humanité par le Baptême reçu au Jourdain, il montre la route, le chemin qui conduit vers son Père. Juste avant sa mort, Jésus a voulu demeurer présent pour toujours à ceux qui croient en lui : en instituant l’Eucharistie, mémorial de sa Passion-Résurrection, il a donné à l’Eglise le mystère de sa présence aimante et agissante, jusqu’au jour de son retour.

            Aujourd’hui, c’est donc avec plus d’intensité que nous pouvons profiter de cette chance qui nous est donnée : recevoir régulièrement le Corps du Christ pour mieux vivre de sa présence salvatrice et agissante dans notre vie quotidienne… Présence reçue au jour de notre Baptême.

                        Quelle étonnante expérience que celle de la foi en Jésus-Christ : le ressentir présent et en vivre ! Reconnaissons‑le cependant : nous éprouvons parfois le sentiment que le Christ s'absente de notre vie à l'heure de l'épreuve physique ou morale. Nous crions alors : « Où es‑tu, Seigneur ? Je suis perdu ! Pourquoi m’abandonnes-tu ? Pourquoi n’es-tu pas là ? » Nos yeux, comme ceux des disciples d'Em­maüs, sont empêchés de le reconnaître et nous oublions peut-être trop vite que dans les épreuves de notre vie, il est là pour nous porter sur ses épaules.

       En cette fête de l'Ascension, ravivons en nous cette certitude de la présence de Jésus qui ne cesse de nous dire : « N’ayez pas peur ! Je suis au milieu de vous jusqu’à la fin des temps ! »

 

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       Au moment de son départ, Jésus demande aux Douze de « demeurer dans la ville »,  de ne pas quitter tout de suite Jérusalem, pour y recevoir, au jour de la Pentecôte, « la puissance venue d'en haut »  qui leur permettra d’être ses témoins « jusqu’aux extrémités de la terre. »

       Cette mission est la nôtre aujourd'hui. Comme les apôtres, nous sommes envoyés par le Ressuscité, choisis depuis notre baptême pour être ses témoins. La mission continue en effet. Il faut annoncer et construire le Royaume de Dieu. Pour cela, l’Esprit nous est donné : force même du Christ qui nous fait trouver au quotidien les réponses aux appels des plus pauvres… Tous, nous sommes envoyés en mission, mais chacun selon ses possibilités. Tous, nous sommes appelés à rendre Jésus vivant dans le monde d’aujourd’hui, d’une manière ou d’une autre, chacun à sa place, là où il vit, répondant en cela à une invitation de Saint François de Sales : «  Fleuris là où tu as été semé ! »

 

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