Laissons le temps au temps !

Publié le par Paroisse Leguevin

Laissons le temps au temps !

ANNEE A  16° Dimanche du Temps Ordinaire.  Léguevin.  18 et 19 juillet 2020

 

 

Aujourd’hui, les textes bibliques nous rappellent que la Parole de Dieu travaille dans le secret des coeurs et des consciences.

Face aux conversions soudaines de St Paul, de Claudel, de Frossard, n'oublions pas celle d'un Père de Foucault ou l'appel de Thérèse de l'Enfant Jésus qui ne se sont pas réalisés dans l'agitation et le bruit, ou à l'issue de grandes prédications mais au jour le jour, petit à petit.

Nos coeurs ne sont‑ils pas eux aussi appelés à se transformer peu à peu, sans bruit à l'image du grain de sénevé ou de la pâte‑à pain de la ménagère ! Nos coeurs ne sont‑ils pas comparables à des « champs » qu'il faut cultiver et donc d'abord débroussailler !

 

    Cette parabole de l'ivraie semée par le Malin au milieu du champ est difficile à saisir. Aussi les disciples sont‑ils venus demander une explication précise. Celui qui sème le bon grain c'est le Fils de l’homme, autrement dit le Christ ; le champ c'est le monde dans lequel nous vivons ; l'ivraie représente les fils du Mauvais ; et les bonnes graines qui lèvent sont les Fils du Royaume de Dieu qui ont su « écouter » et « garder » la Parole de Dieu.

De plus, Dieu patient à la colère, ne fait pas arracher l'ivraie et attend la moisson pour la séparer du bon grain. C'est à l'heure du jugement que l'ivraie sera arrachée et brûlée au feu, que le mal sera dénoncé, alors que les justes accéderont à la lumière dans le Royaume du Père.

 

          Sans doute comprenons‑nous, sans trop de peine, la première leçon qui se dégage de cette parabole : Dieu a accepté que le mal ait sa place dans notre monde ... ce qui ne veut pas dire qu'il l'ait voulu. Je dis bien «  Dieu a accepté » … et non « voulu » ! Mais il est le seul juge à qui il appartient, en dernier ressort, de départager le mal du bien.

          Une seconde leçon, soulignée par le psaume qui nous présente un « Dieu lent à la colère, plein d’amour et de vérité » est de nous montrer que Dieu laisse faire le temps, pour permettre à l'homme d'user de sa liberté, d'aller au bout de ses choix ! Dieu fait cela avec la tendresse et la pitié d'un Père pour l'enfant qui s'égare.

 

          A nous, Dieu demande d'avoir beaucoup de modération dans les jugements que nous portons sur nos adversaires et même sur nos frères. Nous jugeons et nous condamnons, trop souvent, avec parti‑pris, précipitation et passion.

          Pour nous aider dans notre comportement, ayons recours à l'Esprit Saint qui « vient au secours de notre faiblesse » comme nous le suggère saint Paul dans sa lettre aux Romains. Parmi les dons du Saint Esprit figure celui du « conseil » qui peut inspirer notre conduite face au mal que nous rencontrons quotidiennement et qu'il nous est si difficile d'accepter.

          Gardons, comme Dieu, l'optimisme dans nos coeurs : quoiqu'il arrive, la moisson aura lieu. Ayons foi en l'avenir, ayons foi en l'homme aimé de Dieu. C'est Lui qui nous invite à la patience, à changer de regard sur nos frères, à apprendre à regarder l'homme et notre monde avec ses propres yeux.

         

           Respectons la loi de la vie et la nécessité du temps ... « Laissons le temps au temps », mais ne restons pas pour autant, les bras croisés ! Semons sans cesse ... cultivons, arrosons, prenons soin de tous les germes d'espérance et ne nous lamentons pas sur tout le négatif de la vie.

          Occupons-nous  « amoureusement » de tous les jeunes plants d’Amour, de Justice, de Paix qui bientôt s'élèveront vers le ciel et qui, de leur ombre envahissante, étoufferont les derniers rejetons des mauvaises herbes que sont la violence, la haine, l’égoïsme…

 

          « Sur les chemins du monde, le Seigneur a semé le bon grain !

          «  Et dans le cœur des hommes, Il viendra récolter sa moisson ! »

 

Publié dans Mot Père Philippe

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