Demeurer dans la Foi !

Publié le par Paroisse Leguevin

Demeurer dans la Foi !

ANNEE A. 20° Dimanche du Temps Ordinaire. Léguevin. 16 Août 2020

 

 

 

            «Les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». La répartie de cette étrangère était d'une humilité toute empreinte d'humour ; elle a provoqué l'admiration de Jésus : « Femme, grande est ta foi ! ».

      Quelle sorte de foi pouvait‑il y avoir dans le coeur de cette femme étrangère à la tradition d'Israël ? Nous l'ignorons... Nous pouvons seulement supposer qu'elle avait suffisamment vu et entendu Jésus pour lui faire totale confiance.

      Et Jésus sachant ce qu'il y a dans le cœur de chaque personne, reconnaît en cette femme une foi simple et franche qu'il n'avait pas toujours obtenue de ses propres disciples et de Pierre lui-même, comme nous le rappelait l’évangile de la semaine dernière : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Cf.  Mt 15/31)

 

Et nous, où en sommes‑nous ? Du côté de ceux à qui Jésus pourrait dire : « Grande est ta foi ! » ou du côté de ceux qu'il regarderait peut-être avec tristesse, en leur disant : « Hommes de peu de foi ! » ? L'engagement dans la foi peut être vécu très diversement selon les personnes.

Pour quelques‑uns, croire est très simple : ils croient comme ils respirent. Dieu est pour eux une claire évidence. Qu'ils s'en réjouissent donc et qu'ils en rendent grâce à l'Esprit Saint, source de leur assurance.

Mais une telle attitude n'est ni la seule possible, ni la seule souhaitable. La vie moderne fait de nous des gens compliqués, et même les plus simples subissent un jour ou l'autre le choc provoqué par :

la rencontre de l'incroyance

ou par celle de la tranquille ignorance religieuse de tant de nos contemporains

ou encore par les remises en question de nos convictions les plus fondamentales si      fréquentes dans la presse et les médias.

 

Croire peut devenir alors un souci permanent en arrière‑fond des préoccupations quotidiennes. Et, parfois, les préoccupations quotidiennes elles‑mêmes transforment la foi en interrogations. Ceux qui sont le plus touchés ainsi portent cette inquiétude comme une souffrance dont ils ont l'impression de ne pouvoir guérir, écartelés entre :

- l'impossibilité de croire en Dieu et de lui dire « Je t’aime de tout mon cœur, de toute mon   âme et de tout mon esprit »  (Cf  Mt 22/37)

- et l'impossibilité de ne pas croire en un Dieu dont secrètement ils se savent toujours             aimés car « ayant du prix à ses yeux avec une valeur inestimable »  (Cf  Is  43/4)

 

Nous ne devons pas confondre aussi la foi et la ferveur. La ferveur, c'est le mouvement d'enthousiasme, le coeur qui s'émeut ; elle est d'ordre sensible et presque toujours fugace, momentanée, propre à la jeunesse et à la nouveauté.

La foi véritable, c'est la conviction, la solidité, l'attachement voulu de tout son être à Dieu reconnu comme l'Unique, quelles que soient les circonstances. Un fils n'a pas besoin de sentir son coeur battre plus fort et son pouls s'accélérer pour être sûr de l'amour de son père. Il en est de même de l'adhésion à Dieu qu'une foi purifiée entretient en nous.

 

Demeurer dans la foi ne consiste donc pas à refuser d'entendre les questions que le monde nous pose, ni celles qui surgissent dans notre intelligence et notre coeur. Nous avons au contraire à les recevoir franchement, à les regarder en face, mais en nous efforçant de les regarder avec les yeux du Christ, unis à Lui, inlassablement à l'écoute de sa Parole, en ayant recours à la prière, et aussi à l’Église, car un chrétien n'est jamais seul. Croire, c'est creuser en nous, chaque jour et à longueur de vie, une place pour Dieu.

 

Réjouissons‑nous de ce qu'à certains d'entre nous Jésus puisse dire, dès aujourd'hui :         « Grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Mais si nous pensons mériter plutôt d'entendre : «Homme de peu de foi, pourquoi as-tu peur ? », essayons au moins de répondre : « Je crois, Seigneur, mais viens au secours de mon manque de foi ! ».(Cf. Mc 9/24)

Publié dans Mot Père Philippe

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