La confiance après la peur !

Publié le par Paroisse Leguevin

La confiance après la peur !

ANNEE A. 19° Dimanche du Temps Ordinaire. Léguevin. 08 & 09 Août 2020

 

 

La liturgie de ce 19e dimanche attire notre attention sur 3 personnages en crise de doute, de découragement et de peur.  

 

            C'est le cas du prophète Élie. Il a dû fuir la colère de la reine Jézabel et il est découragé dans sa traversée du désert parce que les fils d’Israël ont abandonné leur alliance avec Dieu, ont démoli les autels et tué les prophètes. Ayant gravi la montagne sacrée, il découvre un nouveau visage de Dieu, tout en douceur qui se manifeste comme le Très-Humble

Nous pouvons transposer à ce que nous constatons             actuellement. Il y a quelques années, nos églises étaient pleines, le clergé du diocèse était nombreux et tous les enfants allaient à l’église. Aujourd’hui, l’eucharistie n’est plus célébrée qu’une seule fois par mois dans certaines paroisses. [Remercions le Seigneur…  car ce n’est pas le cas sur l’Ensemble paroissial du Courbet]

Au lieu de nous emporter ou de baisser les bras, ne serait-il pas judicieux, comme Elie, de nous remettre en route pour rencontrer Dieu, non point dans le tremblement de terre et l’ouragan … mais dans « le murmure d’une brise légère ». Non, Dieu n'est pas dans le spectaculaire, mais dans cette brise légère qui peut bien évoquer le quotidien de nos vies, là où, apparemment, il ne se passe rien et où, pourtant, Dieu passe.

 

Des siècles après Élie, l'apôtre Paul semble être proche de nous. L’incrédulité et le non-accueil de sa prédication par ses « frères de race » lui sont cause « d’une grande tristesse ». et de déception.

Les parents de nos jours vivent ces mêmes sentiments en faisant le bilan de l’éducation de leurs enfants. Ils les avaient si bien élevés :leur assurant une bonne école, l’aumônerie de leur collège ou lycée, la participation à des groupes de réflexion ou aux scouts, l’exemple d’une famille chrétienne… Et pourtant, peu à peu, ils s’écartent de cette foi qui donne sens à leur vie. Et ces parents ne cessent de répéter : « Nous n’avons pas su leur transmettre la foi de nos parents ».

Mais, il n’est pas question pour eux de sombrer dans le découragement. Qui dira la fécondité de leur muette douleur ? Que savent-ils de la vie intérieure de tel jeune qui se dit athée ? Les chemins de Dieu ne sont pas forcément les leurs.

 

Dans l'évangile de Matthieu, nous retrouvons Pierre et les disciples rassemblés dans une barque « battue par les vagues » avec le vent qui lui était contraire. Souvenons-nous que dans la tradition biblique, la mer symbolise toujours  le lieu où s’exercent les forces du mal. La mer n’est pas la demeure de Dieu et c’est pourtant là que le Christ va rejoindre ses disciples qui, dans leur peur, ne pouvant comprendre, poussent des cris en croyant voir un fantôme ! Pierre lui-même doute : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »

            Cet homme, partagé entre la confiance et la peur, aujourd’hui nous lui ressemblons ! Bien souvent, nous nous lançons dans l’action ou dans de belles paroles comme Pierre se lance dans les eaux du lac. Et puis la peur nous saisit comme lui.

            Si le Christ était présent dans la tempête, allant vers ses disciples en marchant sur la mer, il est encore présent aujourd’hui dans les tempêtes de nos vies alors que nous sommes en proie au doute et à la révolte. Le Christ est présent à son Eglise, même aux heures sombre où la barque est ballotée par les vagues de la persécution ou des contestations internes, exposée au vent du matérialisme ou de l’égoïsme collectif. Le Christ est présent à son Eglise aujourd’hui comme hier..

 

            Osons crier comme Pierre : « Seigneur sauve-moi ! » Comme lui, prenons la main que Dieu nous tend… qu’il nous aide, comme il le fit pour Elie, à sortir de notre grotte, de notre caverne, pour ouvrir nos yeux et nos cœurs à sa Lumière et à sa Parole.

Que la Célébration de ce dimanche fasse grandir en nous la foi et nous conduise, nous aussi, à dire au Seigneur comme les disciples dans la barque : « Vraiment tu es le Fils de Dieu »

 

Publié dans Mot Père Philippe

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