Pardonner jusqu’à 490 fois !

Publié le par Paroisse Leguevin

Pardonner jusqu’à 490 fois !

ANNEE A. 24° Dimanche du Temps Ordinaire. Léguevin.  12 et 13 septembre 2020

 

« S’il est formidable d’aimer »  l n’en demeure pas moins difficile d’aimer ! Trop souvent, nous voulons aimer l’autre tel que nous nous l’imaginons alors qu’il faut « l’aimer dans sa totalité : pour ce qu’il est, laideur et beauté, défauts et qualités » (Martin Gray : Le livre de la Vie). Il nous faut également continuer à vouloir le bien de l’autre même quand il nous a fait du mal, même quand il nous a causé un tort grave, même quand nous l’avons averti de son erreur et qu’il n’a pas changé…

 

            Toute la liturgie de ce dimanche nous invite à nous laisser saisir par le Dieu de « tendresse et de pitié, lent à la colère et plein d’amour ». Dieu est à la fois celui qui nous révèle notre péché dans toute sa profondeur et celui qui en même temps nous le pardonne. Il ne tient pas compte de nos péchés, il ne les comptabilise pas et la gratuité de son amour couvre toutes nos fautes. Quel contraste énorme avec nos difficiles expériences humaines de pardon !

            Dieu croit en l’homme, en tout homme et il croit que le péché n’est pas le dernier mot. Il n’emprisonne pas l’homme dans son péché.  D’ailleurs, n’a-t-il pas envoyé son Fils non pour condamner mais pour sauver ! Avec Dieu, un avenir est toujours possible !

 

            Si Dieu nous « couronne d’amour et de tendresse » comme nous le rappelle le psalmiste, n’oublions pas que nous sommes invités à vivre à sa ressemblance. Si Dieu est tendresse et pitié, une circulation du pardon entre nous est possible : entre les membres d’une même famille, d’un même quartier, d’une même ville, d’une même communauté paroissiale… Le pardon de Dieu doit prendre chair dans nos propres relations humaines.

            Le pardon reçu doit être partagé. Le pardon reçu nous ouvre à une nouvelle manière d’être dont témoigne la prière du Notre Père dans laquelle nous disons : « Seigneur, pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons … ». Par ailleurs, Jésus lui-même, ne nous rappelle-t-il pas que « si nous ne pardonnons pas aux hommes, notre Père non plus ne pardonnera pas nos fautes ! » (Mt 6/15) Faut-il voir là un chantage de Dieu à notre encontre ? Non, mais Dieu voudrait que nous respections la logique de l’amour car il dit à chacun de nous : « Je t’aime d’un amour infini… et toi si tu aimes, prouve-le en aimant ton prochain. Je te pardonne : prouve-moi ta reconnaissance en pardonnant à ton tour ton prochain ».

 

            Dans sa méditation inédite sur le « Notre Père », le pape François nous dit : « On ne peut vivre sans se pardonner… Chaque jour nous nous faisons du mal l’un à l’autre. Nous devons tenir compte de ces erreurs, dues à notre fragilité et à notre égoïsme. Mais ce qui nous est demandé, c’est de guérir immédiatement les blessures que nous nous provoquons, de retisser immédiatement les fils que nous brisons... » Devant le scepticisme de certains il poursuit : « c’est en recevant le pardon de Dieu que, à notre tour, nous sommes capables de pardon envers les autres. Pour cela, Jésus nous fait répéter ces paroles chaque fois que nous récitons la prière du Notre Père, c’est-à-dire chaque jour ».   (« Quand vous priez, dites Notre Père. »  Editions Bayard pages 85-87)

 

            Heureux serons-nous si, à l’image de Dieu nous savons pardonner ! Heureuse sera notre communauté si entre ses différents membres circulent la paix et le pardon de Dieu. Toute cette année, il nous sera bon de favoriser une meilleure connaissance entre nous, un accueil toujours plus chaleureux tant à l’église qu’à l’extérieur et dans nos différents groupes…

            N’est-il pas utile parfois de retrouver un brin de tendresse entre nous, car, nous savons que toute communauté a sa part de blessures, de rancunes, de conflits… En ce début d’année, il est bon de repartir tous avec la paix dans le cœur pour bâtir un Royaume d’Amour, de Paix et de Joie ! Tous membres d’un seul Corps, nourris de la présence de Jésus au milieu de nous, nous sommes solidaires les uns des autres, chacun avec ses propres facultés : pour les uns la catéchèse, pour les autres la réflexion, pour d’autres le service matériel en vue du bien de tous, pour d’autres encore l’animation de la liturgie ou d’un groupe de réflexion à la lumière de l’Evangile…

 

            Dans cette solidarité, le Christ est notre modèle. Par sa croix, il a réconcilié le monde entier ! Par sa croix, il est notre espérance, espérance d’un monde plus fraternel où l’amour et pardon ne font plus qu’un avec l’exigence de pardonner jusqu’à 490 fois !

Publié dans Mot Père Philippe

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