La vocation de vigneron

Publié le par Paroisse Leguevin

La vocation de vigneron

ANNEE A / 27* Dimanche  du Temps Ordinaire. Léguevin 3 et 4 Octobre 2020

 

Voici le troisième dimanche dont le sujet principal est celui de la vigne. Aujourd’hui nous sommes témoins des relations du vigneron envers sa vigne. Ainsi les sentiments qu'il éprouve à son égard, sont proches des attentions et des sentiments qu'un homme éprouve pour son enfant, pour son épouse.

Il en est de même des relations et sentiments de Dieu vis-à-vis de son peuple…  Isaïe a dû passer du temps à observer les vignerons pour parvenir ainsi à évoquer cette relation amoureuse de Dieu pour son peuple !

            Matthieu dans son évangile, comme Isaïe, nous présente également un Dieu qui a des attitudes passionnelles. Notre Dieu n'est pas un bloc de marbre ; il n'a pas un coeur de pierre. Notre Dieu n'est pas un être impassible et insensible ; il est une personne qui vit et vibre, qui aime et se passionne, qui fait confiance et se donne. Il veut que son peuple grandisse, « fructifie » et devienne un partenaire, un semblable ­à lui selon son voeu initial au moment de la création, d’un homme fait à son image et à sa ressemblance. (Cf. Genèse 1/27)

            Il souffre de trahison quand son peuple se détourne de lui et ne répond plus à son amour. Oui, c'est un Dieu qui vit, réagit, frémit et s'interroge : « pouvais‑je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'attendais de beaux raisins, pourquoi en a‑t‑elle donné de mauvais ? »

 

            Matthieu a des propos plus durs que ceux d'Isaïe. Lorsqu'il rédige ce texte, vers l'an 80, les pharisiens ont rompu les liens avec leurs coreligionnaires devenus chrétiens. Après 50 ans environ de cohabitation, et après la ruine de Jérusalem et de son Temple en 70 par les armées romaines, les autorités juives ont rendu les chrétiens responsables de leurs malheurs, les chassant de leurs assemblées, les persécutant même.

            Matthieu, témoin de cette rupture, constate que ce peuple choisi par Dieu pour porter au monde un message, refuse d'accueillir le message de Jésus, refuse de reconnaître Jésus comme Fils de Dieu. Il rappelle ce que Jésus avait annoncé : « Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »

 

            Qu’en est-il aujourd’hui de ce passage de l’Evangile ? La parabole racontée par Jésus est toujours d'actualité ! Le Royaume de Dieu nous a été confié pour que nous lui fassions produire du bon fruit.

  • Et peut‑être avons‑nous enfoui le trésor que nous avons reçu du Seigneur au lieu de le mettre au service de tous.
  • Nous avons peut‑être peur de prendre des risques dans la mission, et nous n'avons pas su innover pour mettre la Bonne Nouvelle à la portée des hommes d'aujourd'hui en allant les rejoindre dans les « périphéries » là où ils vivent.
  • Ne nous arrive‑il pas parfois de ne pas vouloir assurer des services élémentaires en laissant tout retomber sur « les autres » ?

                Mais attention, parfois, n'y a‑t‑il pas, dans nos attitudes, dans nos manières de faire, et jusque dans nos engagements ou ce que nous appelons généreusement des « services », n'y a‑t‑il pas de sournoises tentatives d'être propriétaires de la parole et du pouvoir ?

 

            En cette Eucharistie, souvenons-nous de ce que le Seigneur nous dit : « Le sarment ne peut porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi » (Jean 15/4)

Alors Seigneur, fais-nous demeurer en toi, quels que soient notre quotidien, nos joies, nos peines, nos fautes. Toi seul porteras du fruit dans nos vies.

Publié dans Mot Père Philippe

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