Insouciantes et prévoyantes

Publié le par Paroisse Leguevin

Insouciantes et prévoyantes

ANNEE  A  32ème Dimanche du Temps Ordinaire. Léguevin  7 & 8  Novembre  2020

 

Cette parabole évoque une fête de mariage. Selon la coutume palestinienne, les amis se rendent en procession chez l’épouse pour la conduire, torches allumées à la main, au lieu de la célébration nuptiale. Mais, dans cette parabole, c’est l’époux qui est en retard provoquant le manque d’huile pour les lampes.

            Aujourd’hui, Jésus mettrait sans doute en scène un groupe de jeunes en route pour une noce dont la voiture tomberait en panne sèche en pleine campagne.  Mais une question nous préoccupe. Comment Jésus peut-il donner en exemple ces cinq jeunes filles « prévoyantes » qui refusent de partager leur huile avec les cinq autres dites « insouciantes » et qui n’avaient pas prévu une réserve d’huile ? La sagesse leur a fait défaut. Elles n’ont pas mis en application ce qui est dit dans la première lecture : « La sagesse se laisse trouver par ceux qui la cherchent »

 

            Cette parabole a pour référence principale : des lampes ! C’était un des principaux moyens d’éclairage. Au jour de notre baptême, une lumière a été remise aux parents avec la phrase : « veillez à l’entretenir pour que votre enfant, illuminé par le Christ, avance dans la vie en enfant de lumière et persévère dans la Foi. » Ce jour-là, un choix a été fait pour nous. C’est une chose, mais prendre les moyens pour rester fidèle à ce choix et le mener à bien, c’en est une autre !                        

            Par rapport à cette flamme, où en sommes-nous à présent ? Est-elle éteinte ou bien est-elle toujours en éveil ? Est-ce que pour la maintenir, nous l’avons nourrie par la prière, l’écoute de la Parole de Dieu, le tête-à-tête, le cœur-à-cœur avec le Seigneur, la méditation et la relecture des évènements ? Tenir sa lampe allumée ne dépend que de chacun de nous. On ne peut pas vivre par procuration toute une vie.

            Ne soyons pas choqués de l’attitude apparemment égoïste des cinq jeunes filles prévoyantes. Elles ne peuvent pas prêter leur huile, car il y a des choses qui ne se prêtent pas. Tel est le cas de la Foi, de l’Amour que chacun éprouve pour le Christ. Ce sont là des démarches bien personnelles que personne ne peut faire à notre place.

            L’époux de la Parabole -image du Christ- peut nous surprendre lui aussi par son attitude. Quand la porte est fermée, l’histoire semble terminée ! Le Seigneur semble ne plus connaître les jeunes filles qui crient : « ouvre-nous ! » Il se peut que cette brutale fin de non-recevoir nous cache quelque chose… une leçon à retenir. Effectivement, si les insouciantes, au lieu de courir chez le marchand, s’étaient jetées dans les bras de l’époux avec leurs mains vides, confiantes non dans les choses matérielles mais dans la grande tendresse de l’époux, l’histoire aurait été tout autre ….

 

            Aujourd’hui, pour nous, avec l’âge, passé le temps des illusions, notre générosité s’émousse, notre patience se lasse ou s’assoupit : nous avons tendance à nous endormir, à nous installer dans le monde tel qu’il est. Nous nous laissons envahir par le matériel, par le monde dans lequel nous vivons… même si le confinement nous bouscule et perturbe nos habitudes. Nous comptons trop sur nos propres ressources humaines. Notre foi s’endort, notre foi se désagrège peu à peu dans la morosité, la routine de la vie quotidienne.

            Alors quelle confiance faisons-nous au Seigneur dans ces périodes de lassitude ? Comptons-nous sur les hommes, sur les puissants ou nous appuyons-nous sur le Seigneur ?

Croyons-nous suffisamment en la miséricorde de Dieu qui pardonne et accueille ceux qui se présentent devant lui les mains vides ? N’est-il pas, selon la belle prière du « Magnificat » celui qui « élève les humbles, comble de bien les affamés, renvoie les mains vides ».

 

            Voilà donc l’histoire navrante d’un rendez-vous manqué ! Tout était bien parti dans l’enthousiasme d’une jeunesse en fête… mais rapidement se termine en échec à cause d’assoupissement, de lassitude….

 

Attention que cette parabole ne devienne pas celle de notre propre vie !

Publié dans Mot Père Philippe

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