D’où cela lui vient-il ?

Publié le par Paroisse Leguevin

D’où cela lui vient-il ?

ANNEE B. 14° Dimanche du Temps Ordinaire.  Léguevin. 04  juillet  2021

 

 

Les lectures de ce dimanche nous parlent de l’incompréhension vis-à-vis de ceux qui parlent au nom de Dieu ! On parle même de « faiblesse » à propos de Jésus dans sa vie quotidienne à Nazareth avant son baptême. Et Jésus lui-même cite une phrase : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays »  qui deviendra un proverbe bien connu et souvent utilisé : «  Nul n’est prophète en son pays ».

 

            En effet, Jésus se trouve dans la synagogue de Nazareth, cette petite ville de la Galilée où il a passé son enfance et sa jeunesse jusqu’à l’âge de 30 ans. Et à la synagogue, combien de fois n’est-il pas venu y prier, seul ou avec ses parents Marie et Joseph ! Et tout le monde le connaît… ou devrait le connaître ! Mais pourtant, il n’est pas considéré comme un personnage important, mais comme quelqu’un de tout à fait ordinaire. A l’extérieur de sa région, il a déjà une réputation qui lui vient des guérisons réalisées auprès des malades. Mais voilà ! Pour les Nazaréens, il est simplement un enfant du pays, le plus ordinaire et sans aucune qualité particulière.

 

            Jésus n’est pas reconnu pour lui-même et des questions se posent « D’où cela lui vient-il ? » On l’appelle « le charpentier » et dans les autres évangiles, il est toujours le « fils du charpentier ». N’est-il pas  « le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon », et on évoque des sœurs qui ne sont pas nommées. Ainsi il est toujours nommé en référence à d’autres personnes et jamais en tant que lui-même : Jésus, fils de Dieu !

 

            Aujourd’hui, dans notre monde actuel, beaucoup de personnes ne sont jamais considérées pour elles-mêmes. On est l’enfant d’un tel, le frère ou la sœur de tel autre. On évoque le travail à travers le métier du père, comme on dit de Jésus qu’il est le fils du charpentier !

  • Cette façon de n’être pas regardé pour soi-même est toujours ressentie comme une humiliation, un signe de rejet ou d’incompréhension.
  • Combien de personnes simples et modestes connaissent ces petits signes de mises à l’écart difficiles à supporter !
  • Combien de jeunes souffrent dans leur famille, dans leurs études, au début de leur expérience de travail, d’être un autre qu’eux-mêmes : le fils de… le petit frère… celui qui est plus indiscipliné que l’aîné… l’apprenti qui fait des bourdes alors que son père travaillait mieux que lui, etc etc…
  • Et Jésus, à travers l’évangile d’aujourd’hui, devient très proche de tous les « incompris » du monde.

 

            Saint Paul lui-même approfondit cet aspect en opposant sa faiblesse personnelle à la force du Christ. Lui aussi, il connaît une grande humiliation. On n’en connaît pas les détails concrets, mais il la décrit comme une « écharde dans la chair », une gifle qui viendrait de Satan. Et c’est pour lui le chemin privilégié pour s’approcher du Christ qui a connu bien plus de souffrances et d’humiliations que nous. Saint Paul nous parle  de « la puissance du Christ qui demeure en lui ».

            L’écharde dans la chair de Paul lui permet de compter sur la grâce de Dieu. Son épreuve désigne parfois nos doutes, les remords ou les regrets de nos vies… nos faiblesses. Peut-être cache-t-elle aussi notre peur de ne pas être à la hauteur, la trahison d’un proche ou l’offense d’un enfant ? Cette écharde est comme un « caillou dans la chaussure ». Pourtant l’évangile nous demande d’avancer. Marchant à la suite du Christ, notre désir de sainteté va de pair avec l’offrande de notre pauvreté.

            La puissance de Dieu se manifeste dans notre fidélité plutôt que dans nos succès immédiats. Jésus lui-même n’a pas pu faire grand-chose à Nazareth à cause du manque de foi de ses proches. Mais il se révèle toujours miséricordieux envers son peuple rebelle, envers ceux qui implorent sa pitié ou ceux qui refusent de croire en lui. Quelle sera notre attitude ? celle de la foi et de l’accueil du réel tel qu’il se présente dans notre vie quotidienne !

 

 

Publié dans Mot Père Philippe

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