Communier est un engagement !

Publié le par Paroisse Leguevin

Communier est un engagement !

ANNEE B. 19° Dimanche du Temps Ordinaire. Léguevin.  08 Août 2021

 

 

« Le pain, c'est sacré ! » disaient nos grands‑parents en faisant, avec leur couteau, une croix sur la miche avant de l'entamer. Ce pain indispensable à la vie est omniprésent dans l’Ancien Testament et l'Évangile jusqu'à devenir, par le Christ, symbole et réalité de « vie éternelle ».

 

            Le prophète Élie, ayant marché toute une journée dans le désert, était vidé physiquement et moralement. Dégoûté de la vie, sans espoir, il se laissait mourir sur le bord du chemin, demandant même à Dieu de « reprendre sa vie »... Une galette de pain et une cruche d'eau déposées près de lui vont lui rendre forces et moral pour marcher ensuite « quarante jours et quarante nuits jusqu'à l'Horeb, la montagne de Dieu » où il a rendez‑vous avec l'Éternel.

 

            Beaucoup d’hommes et de femmes peuvent se reconnaître dans ce prophète qui « craque » sous le poids des épreuves. Les problèmes de santé, les difficultés professionnelles, les mauvaises relations avec l’entourage et le choc des séparations les conduisent à l’abandon et même au désespoir.

            Quelle que soit notre détresse, Dieu nous rejoint et nous invite à reprendre des forces. Sa Parole est un pain de route qui fortifie. L'Évangile devient une nourriture qui prend le goût de nos faims, de nos fatigues, et de nos désirs de rencontrer Dieu. L'Évangile devient un pain de « marcheurs en recherche de Dieu  ».

            Souvent, hélas, nous ne nous alimentons guère à ce pain‑là ; ou bien nous « avalons » l'Évangile machinalement, comme une gélule ou un comprimé dont on ne se souvient plus ensuite si on l'a pris ou pas ! Notre civilisation pressée, voulant tout vivre en accéléré et friande de « fast‑food », ne nous prépare pas à savourer les Écritures, à les « mâcher » et à les « ruminer » !

 

            Lors de la multiplication des pains, les gens avaient sans doute cru que Jésus venait répéter le don de la manne. Mais Jésus leur rappelle que la merveilleuse nourriture journalière de leurs ancêtres de l’Exode ne les a pas empêchés de mourir. Désormais, la « manne » a un autre nom : celui de Jésus «  le pain vivant descendu du ciel ! ». Il se donne comme aliment de vie éternelle, plus indispensable encore que le pain quotidien de nos repas.

            La quête de la nourriture matérielle en quantité et en qualité nous mobilise en permanence ; une grande partie de nos énergies est consacrée à nous la procurer. Mais nous préoccupons-nous assez du « pain de vie éternelle », du pain de la Pâque, du pain  de Résurrection ?

               

                Le passage de l'évangile de Jean lu aujourd'hui évoque l'Eucharistie avec les deux temps forts de nos messes. À la table du Seigneur, nous écoutons la Parole de son Père et ensuite nous mangeons le Pain de son Corps Ressuscité. Cette nourriture d'éternité nous soutient, nous construit, nous fait grandir et progresser, nous projette déjà dans la vie sans fin. Communier est un geste de survie pour l'éternité.

  • En avons‑nous assez conscience en participant à l'Eucharistie et en la célébrant ensemble ?
  • Les parents chrétiens, si pointilleux ‑ et à juste titre ‑ sur la nourriture matérielle de leurs enfants, les aident-ils à se procurer le pain de vie éternelle ?
  • Soucieux de ne pas gaspiller la nourriture terrestre, avons-nous assez le respect du Corps du Christ lorsque nous le recevons à la communion ?

 

Dans la première lecture de ce jour, on ne saura jamais qui était exactement cet « Ange du Seigneur » venu approvisionner Élie. Est-ce Dieu lui‑même ? Est-ce un être céleste ? Est-ce un messager humain compatissant ? En tous cas, nous reconnaissons là un geste fraternel qui redonne vie. Donner à manger à l'affamé d'ici ou d'ailleurs, c'est être pour lui « la main de Dieu ». Communier et ne vivre ensuite que pour soi, n’est-ce pas prendre le Corps du Seigneur « indignement » ?

           

            Après avoir profité de la table de la Parole, après avoir goûté à la table Eucharistique, n’oublions pas la table de nos Frères en étant pour eux, durant cette semaine, pain tendre, nourrissant de vérité et de foi, pain joyeux comme un pain de fête
                                                 Oui communier est un engagement !!!

 

Publié dans Mot Père Philippe

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article