La Loi favorise-t-elle la proximité avec Dieu et les autres ?

Publié le par Paroisse Leguevin

La Loi favorise-t-elle la proximité avec Dieu et les autres ?

ANNEE B. 22° Dim du Temps Ordinaire.  Léguevin.  29 Août 2021

 

Les textes de ce dimanche nous parlent de décrets, d’ordonnances, de commandements, de tradition ancestrale, de pratiques rituelles … bref de loi ! Terme qui aujourd’hui n’a pas bonne presse : « il faut vivre sans contrainte ! » dit-on. Mais peut-on vraiment vivre sans loi ?

 

              Pour le peuple d'Israël qui sortait de l'esclavage en Egypte, les dix commandements étaient un « passeport pour la liberté ». Mais les hébreux n'ont pas toujours saisi que cette Loi était l'expression d'un amour paternel. Ils ont été souvent rebelles. L'histoire biblique est jalonnée d'infidélités, sources de malheurs. Le reproche divin était alors celui‑ci : «Vous n'avez pas compris combien je vous aime !»

              Dans le Deutéronome, Moïse redit au peuple ce qu'il n'aurait jamais dû oublier : la Loi donnée au Sinaï est une loi à pratiquer pour vivre. Elle est la fierté d'Israël face aux autres nations car elle est « sagesse et intelligence ».

              C’est vrai, toute loi est contraignante. Mais, sans loi, un être humain ne peut pas « se structurer », comme disent les psychologues. Un homme ne parvient pas à se construire si une voie ne lui est pas ouverte pour contrer et canaliser ses pulsions et ses instincts. Sans loi et Code civil, on ne peut pas grandir en humanité et vivre ensemble. Sans code de la route, il n'y a plus de route possible !

             

              Ainsi donner des repères est une preuve d'amour. Et Jésus lui-même, dans son grand amour pour l’humanité, n'a pas annulé la Loi de Moïse ; bien au contraire, dit-il : « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Mat. 5/17). La Loi de Dieu est accomplie dans la véritable obéissance et dans l'amour quand elle mobilise le croyant de l'intérieur avant de l'engager dans des actions extérieures.

              Mais voilà, au fil du temps, les chefs religieux d'Israël avaient ajouté aux exigences fondamentales du Décalogue un maquis de coutumes, de traditions et de prescriptions tatillonnes. Poussé à l'extrême, ce foisonnement de règles arrivait à ce dramatique paradoxe dénoncé par Jésus : « Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes ! ».

              Le lavage des mains et des ustensiles faisait partie de cette accumulation de règles religieuses qui visaient à séparer les juifs des païens considérés comme impurs. Chaque contact interdit entraînait des rites minutieux de purification. On comprend la difficulté de faire vivre ensemble des chrétiens d'origine juive et d'autres d'origine grecque ou romaine ! La parole de Jésus était libératrice quand elle proclamait que l'impureté ne venait pas du dehors, mais du dedans de l'homme.

             

              Dès lors, il ne s'agit pas de se laver les mains, mais de se laver le coeur. Le chrétien peut se définir alors comme celui qui accueille la parole de Jésus et la laisse agir dans son cœur. C’est parce qu’il change son cœur que le chrétien change aussi sa manière de vivre. Jésus, ressuscité et à jamais vivant, nous entraîne dans son eucharistie, à sa suite pour que, dans la trame de nos jours, humblement, à notre place, nous mettions en pratique le commandement sur lequel se fonde notre identité de chrétiens : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».

 

              Ainsi donc aujourd’hui, à travers les textes de la liturgie, l’appel qui nous est adressé est sans ambiguïté : « mettez les commandements en pratique », « mettez la Parole en application », inutile d’honorer le Seigneur des lèvres si la pratique ne suit pas. Bien sûr, l’Evangile n’est ni un livre de recettes ni un recueil de solutions miracles aux questions de notre temps. Mais le langage de saint Jacques nous parle bien : « pratiquer la religion, c’est venir en aide » à ceux qui en ont besoin… Et malheureusement, ils ne manquent pas autour de nous. Etre pratiquant, c’est ainsi vivre notre messe du dimanche tout au long de la semaine, en mettant en application ce que le Christ attend de nous, et qui n’est autre que l’amour de nos frères. C’est à cet amour que nous serons reconnus comme chrétiens…

Publié dans Mot Père Philippe

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article