Carte postale, signe de fraternité !

Publié le par Paroisse Leguevin

Carte postale, signe de fraternité !

ANNEE B / 23° Dimanche du Temps Ordinaire.  Léguevin.  Le 5 Septembre 2021

Les vacances finies, nous vivons avec des souvenirs de rencontres et de retrouvailles. Nous reprenons avec plaisir les cartes postales reçues pendant cette période. Elles nous viennent de La Bretagne, des Pyrénées, de l’Auvergne, du Rhin, des Vosges, de l’Ardèche, du Pays Basque, de la Gironde, du Gers, de l’Hérault… Grâce à elles et malgré la pandémie, nous avons pu voyager à travers la France ! Chacune dit que l’expéditeur a pensé à nous. La carte postale de l’été est le petit signe qui exprime la relation entre les personnes. Elle l’entretient et la réactive. Les yeux parcourent le texte, la carte circule de main en main, dans une famille ou dans une équipe ou groupe auquel nous participons. Puis elle est laissée en évidence sur un bureau ou accrochée au mur avec les cartes déjà reçues. Ce modeste carton réveille en nous des sentiments divers. C’est un signe qui ne nous laisse jamais indifférents.

            L’Evangile ne parle pas de carte postale, mais il parle de signes ! Il nous montre Jésus constamment en train d’utiliser des signes pour nous faire comprendre ce qu’il veut nous dire. Aujourd’hui, nous entendons un récit de miracle. On amène à Jésus un sourd-muet et on le prie de poser la main sur lui. Ce qu’il fait en lui recommandant de ne rien dire à personne. Pourquoi cette discrétion ? Sans doute pour ne pas accentuer l’incompréhension de la foule qui risque de ne voir que le signe visible et spectaculaire de cette action. 

            Quand le sourd muet est présenté à Jésus, il l’emmène à l’écart loin de la foule. Or l’Evangile nous le signale souvent : quand Jésus se prépare à un évènement important, il s’en va à l’écart, pour s’adresser à Dieu. Signe nous dévoilant sa proximité avec son Père du Ciel. Avec le sourd muet, Jésus accomplit les signes qui ouvrent les oreilles et délient la langue. C’est en même temps le signe que Jésus peut ouvrir les oreilles de notre cœur. Puis il lève les yeux au ciel, pour signaler qu’il ne fait rien de lui-même. Il nous l’a dit souvent : tout ce qu’il fait, il le tient de son Père.

            Comme envoyer une carte postale à quelqu’un peut l’ouvrir à d’autres horizons que les siens, Jésus ouvre les oreilles des sourds pour qu’ils entendent une autre parole, celle de Dieu. Il délie la langue des muets pour qu’ils proclament les merveilles de Dieu. C’est le signe que Dieu est reçu, que son message a été entendu. Si Jésus recommande à la foule de ne pas parler du miracle, c’est pour ne pas en rester qu’à la guérison du corps, mais pour aller au-delà du signe jusqu’à ce cœur où se joue en tout homme, l’accueil ou le refus de Dieu.

            La foule des témoins des guérisons opérées par Jésus, est impressionnée et ne peut s’empêcher de proclamer ce qu’elle a vu. C’est déjà une manière d’approcher Jésus et ce qu’il veut annoncer. C’est le début de la découverte de la mission de Jésus venant révéler le Père. Il s’agit d’entendre et de dire... d’accueillir et de proclamer… de croire et de témoigner de cette révélation du Père.

            A nous-mêmes, au jour de notre baptême, le Seigneur a ouvert nos oreilles pour que nous sachions écouter ce qu’Il nous dit et il a délié notre langue pour que nous ayons l’audace de proclamer la Bonne Nouvelle                                                                                                                                                              

            Aujourd’hui, demandons-lui d’ouvrir encore nos oreilles pour entendre Dieu nous dire qu’Il nous aime. Nous entendrons aussi les cris de nos frères humains et leurs appels ne résonneront plus dans le vide. Face aux fragilités de nos frères, face à leurs coups durs, nous serons capables de leur donner un signe de solidarité, un coup d’pouce, un coup d’main, un coup d’cœur ! 
  (Cf. Diacona en 2013)

Aujourd’hui, demandons au Seigneur de délier nos langues pour proclamer sa louange, dire à tous les hommes les signes de sa présence au milieu de nous, les signes d’une fraternité qui est une richesse pour tous.

            Alors, la carte postale que nous pourrions nous envoyer mutuellement, en ce début d’année, représenterait une foule rassemblant « les hommes de tout pays et de toute langue, de toute race et de toute culture célébrant l’unité enfin accomplie et la paix définitivement acquise par Jésus, le Christ, notre Seigneur ! » (Cf. Prière Eucharistique pour la Réconciliation II)

Publié dans Mot Père Philippe

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