Suis-je capable du meilleur ou du pire ?

Publié le par Paroisse Leguevin

Suis-je capable du meilleur ou du pire ?

ANNEE B : 24° Dimanche du  Temps Ordinaire. Léguevin. 12 Septembre 2021

 

Pierre vient de faire une belle profession de foi concernant Jésus : « Tu es le Christ ». L'évangile de Matthieu ajoutera : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». (Mt 16/16) Et Jésus félicitera Pierre.

Mais aussitôt après, pour la première fois, Jésus précise ce que sera ce Messie tant attendu : non pas un messie glorieux et triomphateur ici‑bas, mais un messie rejeté par les autorités, qui sera condamné à mort et qui donnera sa vie pour le salut du monde. Alors Pierre n'est plus du tout d'accord : « Non, Seigneur, cela ne t'arrivera pas ! » Et Jésus lui répond: « Arrière ! Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes »

Ainsi Pierre était capable du meilleur dans sa profession de foi, mais un instant après, il est capable du pire devant la souffrance et la croix. Et ce pire, il le confirmera quand, par trois fois, il reniera Jésus dans la nuit du Jeudi au Vendredi Saint. Mais le Seigneur le rattrapera après sa résurrection, lui redonnant toute sa confiance et le chargeant d’être « le berger de ses agneaux. » (Jean 21/16)

Je crois que tous nous sommes un peu à l’image de Pierre : il y a des jours où nous nous sentons capables de tous les dévouements, où notre vie nous apparaît comme une montée lumineuse vers le Seigneur... Nous nous sentons capables du meilleur.

Et d'autres jours, nous ne sommes plus bons à rien, n’ayant même plus aucun goût pour la prière ; le moindre effort nous fait peur, nous sommes prêts à tout laisser tomber. Nous sommes capables du pire.

Il en est de même pour les autres: notre conjoint, nos enfants, nos parents, nos amis, nos prêtres, diacres, religieux et religieuses : eux aussi passent par des étapes lumineuses ; eux aussi passent également par des étapes sombres où ils reculent devant le moindre effort. Alors : ne désespérons jamais ! Les plus grands saints sont passés par des périodes de désordre et de médiocrité ; il y a toujours en tout homme des semences de sainteté qui sont prêtes à germer, grâce à Dieu.

Quand nous regardons l'histoire de l'église  dans son ensemble, c'est encore la même chose : l'Eglise a eu ses périodes de décadence et de médiocrité, elle s'est égarée dans des chemins ténébreux, elle est capable du pire.

Elle a aussi ses périodes de grandeur et de sainteté, elle reste toujours capable du meilleur. Le Seigneur ne la lâche pas, il est toujours prêt à la rattraper. L'histoire le montre clairement depuis 2000 ans.

Et chacun de nous vous comme moi, nous restons toujours capables du meilleur et capables du pire. C'est même parfois quand on a touché le fond du mauvais qu'on s'aperçoit qu'on peut aussi arriver à toucher le sommet de la lumière et de la sainteté. Et nous avons tous besoin les uns des autres : surtout face à la croix. Chacun ici peut dire : « J'ai besoin de vous, de votre amitié, de votre prière, comme vous avez besoin de moi ».

Et le Seigneur compte sur chacun de nous, comme il comptait sur Pierre malgré ses défaillances ; il ne nous lâche pas. Il nous aide à comprendre que la vraie foi, ce n'est pas seulement une affaire de belles déclarations, mais c'est l'affaire d'un amour vécu en actes et en vérité. Aimer ainsi, c'est répondre à l'invitation du Christ : « Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui‑même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ».

Renoncer à nous‑mêmes, c'est renoncer à notre quiétude morale pour aller vers les autres, avec les risques de remise en cause que cela représente. C'est sacrifier un peu de notre temps libre pour nous engager concrètement au service des plus pauvres et des plus démunis. Notre manière de suivre le Chris ne consiste pas à dominer ou à asservir les autres, mais à apprendre à les servir.

 

Publié dans Mot Père Philippe

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