Que donnons-nous ?

Publié le par Paroisse Leguevin

Que donnons-nous ?

ANNEE B. 32° Dimanche du Temps Ordinaire. Léguevin.  06 & 07  Novembre  2021

 

Si nous voyageons un tant soit peu dans des pays pauvres, si nous fréquentons des quartiers ou des villages assez démunis… nous sommes toujours frappés par le sens de l'accueil que nous y trouvons. Parfois cela ne nous semble pas raisonnable. Les pauvres sont souvent les plus généreux ; ils ont le sens de l'hospitalité et de la générosité qui sont les autres noms de l'amour.

 

Les récits des deux veuves que nous avons entendus, illustrent parfaitement cet excès qui dévoile une infinie confiance dans le Dieu de justice et de tendresse. De plus, Jésus donne en exemple la « pauvre veuve » du Temple parce qu'elle donne non point « de son superflu », mais «tout ce qu'elle a pour vivre ». Elle donne non point une part seulement d'elle‑même, mais elle donne toute sa vie.

 

C'est la Foi qui est ici en cause comme en témoigne le récit de ce qui advient à Elie. Il fait une totale confiance à Dieu en allant à Sarepta sans savoir comment il pourra subsister dans ce pays réduit à la famine. C'est là aussi une pauvre veuve qui s'en charge. Faisant confiance à la parole du Seigneur transmise par le prophète, elle sacrifie ce qui lui restait pour survivre quelques jours avec son fils. Elle donne non point une part seulement d'elle‑même, mais elle donne toute sa vie.

 

Ces deux veuves comme les prophètes ont une foi entière au Dieu d'Israël qui est un Dieu de vie pour tous ses enfants, un Dieu qui « soutient la veuve et l'orphelin », comme le chantait le psaume 145. Bien plus, ce Dieu  protège tous ceux qui s'appuient sur lui, et c'est ainsi que « la jarre de farine ne s'épuisera pas et que le vase d'huile ne se videra pas, ainsi que le Seigneur l'avait annoncé ».

 

Il ne fait pas de doute que, Jésus contemplant le geste de la pauvre veuve que personne n'a remarqué, se réjouit de ce qu'elle partage avec lui, sa confiance inébranlable en son Père. Plus encore que les deux veuves et les prophètes, Jésus est le premier à avoir « tout donné, tout ce qu'il avait pour vivre » et faire vivre les hommes du monde entier. Il donne non point une part seulement de lui-même, mais il donne toute sa vie.  Et en accomplissant ainsi la volonté de son Père, le Christ « est entré dans le ciel même » comme nous le précise la lettre aux Hébreux.

 

Quelle leçon devons‑nous retenir des ces exemples de confiance et de don total ?

 

En vivant sur la terre, nous sommes évidemment préoccupés des biens de la terre. Pourtant les veuves, les prophètes et Jésus nous apprennent à nous préoccuper des biens qui font entrer « dans le ciel même ». Pour cela, il n’est pas nécessaire de fuir le monde et ses richesses. Saint François de Sales nous le dit : « nos biens ne sont pas à nous : Dieu nous les a confiés pour que nous les cultivions » (Introduction à la vie dévote n° 239), afin de les transformer en trésors célestes. Nous avons sans cesse besoin d'apprendre à nous désencombrer, à nous libérer, à nous simplifier la vie.

 

Comme la veuve de l'évangile se donne elle‑même en donnant « tout ce qu'elle possédait pour vivre », examinons si, dans nos actes quotidiens, c'est bien nous‑mêmes que nous donnons à Dieu et aux autres. Souvent, en fait, nous concédons aux autres et à Dieu le « superflu » de notre temps, de nos actions, de nos pensées, le superflu de notre coeur.

 

La confiance de la veuve de Sarepta nous invite à nous en remettre au jour le jour, dans les petites comme les grandes choses, entre les mains de Dieu. Saurons-nous donner non point une part seulement de nous-mêmes, mais toute notre vie.

A la suite des deux veuves, retenons que ce qui compte pour Dieu ne dépend pas ‘du poids de ce qui remplit nos jarres, mais bien de l’élan que nous mettons à le partager’. 

 

Publié dans Mot Père Philippe

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