Benoit XVI, docteur de la Foi, docteur de la Joie

BENOÏT XVI

DOCTEUR DE LA FOI

DOCTEUR DE LA JOIE

 

 

            L'annonce de sa renonciation au ministère d'Evêque de Rome par Benoît XVI, le 11 février, en la fête de Notre Dame de Lourdes, nous a tous pris de court et profondément touchés. Nous avons le sentiment de vivre un moment exceptionnel de la vie de l'Église. Nous savons que dans les milieux professionnels, on prend sa retraite après 60 ans ; les évêques et les prêtres sont invités à présenter leur démission à 75 ans. Pour nos générations, la vie se prolonge, mais nous savons que ce n'est pas toujours pour le bonheur de chacun ni de son entourage. Aussi la décision de notre Pape, à 85 ans, de renoncer à la charge d'Évêque de Rome, doit‑elle être saluée avec respect : en termes discrets et clairs, il explique pourquoi il estime devoir se retirer.

 

            Son geste à L'Aquila en avril 2009, après le meurtrier tremblement de terre des Abruzzes dans le centre de l'Italie, m'avait marqué : à l'occasion de sa visite aux sinistrés, il avait déposé son grand pallium, reçu au début de son ministère, sur le tombeau de Célestin V, seul pape démissionnaire, qui, après quelques mois de pontificat, est allé rejoindre sa vie d'ermite bénédictin. Et voici qu'au jour de la fête de Notre Dame de Lourdes, en l'anniversaire de la première apparition de celle qui allait se révéler l'Immaculée à Bernadette, Benoît XVI annonce qu'il va se retirer, pour laisser la place à un successeur plus apte à relever les grands défis d'un monde en profonde évolution.

 

            Durant son pontificat d'un peu moins de huit ans, Benoît XVI a souvent montré la profondeur de son discernement et de ses analyses, sur les questions posées au seuil du troisième millénaire. Ses encycliques, discours et homélies étaient marquées au sceau de la simplicité et de l'intériorité, sans oublier les conséquences pratiques qu'il savait tirer de la Parole de Dieu pour notre vie quotidienne. Dans le même temps, il insistait régulièrement sur une Joie qu'il ne manifestait guère, mais qui était bien présente en lui, ainsi que la paix, premiers fruits de l'Esprit Saint, après la charité à laquelle il a consacré sa première encyclique.

 

            Il s'est révélé homme d'espérance (deuxième encyclique) à travers diverses crises ; sur celle de l'économie au plan mondial, il a su donner des éclairages nouveaux, salués dans de nombreux milieux, pour montrer qu'elle ne peut se réduire au strict marché, mais doit être animée par un échange de dons où la gratuité doit avoir sa place. Jusqu'au bout, il a tendu la main aux fidèles de sensibilité traditionaliste, lui‑même soucieux de belles liturgies priantes, sans jamais renoncer à l'héritage du concile Vatican II, dont il a voulu marquer le 50ème anniversaire de l'ouverture par une Année de la foi ; il a su expliquer comment la requête de liberté religieuse et la nécessité du dialogue interreligieux se situent dans une recherche exigeante de la vérité, ce qui va de pair avec la confession de notre foi en jésus Christ dans son Église.

 

            Notre reconnaissance est grande pour cet homme de foi, qui, d'une autre manière, continuera sûrement de mettre de la lumière et de l'amour sur nos chemins.

 

            Mercredi des Cendres, en route vers Pâques,

            Le 13 février 2013.

 

+ fr. Robert Le Gall

Archevêque de Toulouse

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