L’ascenseur vers le ciel

En cette période de la fête de la Toussaint, il est bon de se laisser guider par celle qui souhaitait devenir sainte : la Petite Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Avec elle, recherchons la simplicité du cœur.

 

Vous le savez, ma Mère, mon désir a toujours été de devenir sainte; mais hélas! j'ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu'il existe entre eux et moi la même différence que nous voyons dans la nature entre une montagne, dont le sommet se perd dans les nuages, et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants.

 

Au lieu de me décourager, je me suis dit: Le bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables; je puis donc, malgré ma petitesse, aspirer à la sainteté. Me grandir, c'est impossible ! Je dois me supporter telle que je suis, avec mes imperfections sans nombre; mais je veux chercher le moyen d'aller au ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d'inventions : maintenant, ce n'est plus la peine de gravir les marches d'un escalier; chez les riches, un ascenseur le remplace avantageusement. Moi, je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu'à Jésus; car je suis trop petite pour gravir le rude escalier de la perfection,

 

Alors j'ai demandé aux Livres saints l'indication de l'ascenseur, objet de mon désir; et j'ai lu ces mots, sortis de la bouche même de la Sagesse éternelle: « Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à Moi.» Je me suis donc approchée de Dieu, devinant bien que j'avais découvert ce que je cherchais; et voulant savoir encore ce qu'Il ferait au tout petit, j'ai continué mes recherches, et voici ce que j'ai trouvé: « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein, et je vous balancerai sur mes genoux. »

 

Ah! Jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses ne sont venues réjouir mon âme: l'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au ciel, ce sont vos bras, ô Jésus! Pour cela, je n'ai pas besoin de grandir, il faut au contraire que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. Ô mon Dieu, Vous avez dépassé mon attente; et moi, je veux chanter Vos miséricordes!

 

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

Histoire d'une âme

 

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face (1873 1897) entra au carmel de Lisieux à 15 ans et y mourut à 24 ans. Son autobiographie, Histoire d'une âmerédigée à la demande de sa soeur, supérieure du couvent, eut une influence considérable sur ses lecteurs car elle y décrit la meilleure voie d'accès à la sainteté, faite de profonde humilité et d'abandon à Dieu. C’est un des plus beaux textes de la chrétienté, empli d'amour et de confiance en Jésus Christ.