Lumière de midi !

 

ANNEE A  05° Dimanche du Temps Ordinaire. Léguevin. 8 & 9 Février 2014

 

 

«  Si tu dénoues les liens de servitude… la nuit de ton chemin sera lumière de midi ». Ces paroles faisant écho à celles du prophète Isaïe, expriment la vocation que nous sommes particulièrement appelés à vivre, celle de témoins de l’amour de Dieu, non seulement en paroles et en discours, mais surtout en actes et en vérité. Au sein de notre monde enténébré par la misère physique ou morale, Dieu fait de nous les collaborateurs de son œuvre de grâce ; c’est lui qui nous aime en premier mais il nous transmet le flambeau pour que nous soyons au milieu des hommes des petites « lumières » qui éclairent leur chemin.

 

Partager son pain avec celui qui a faim, donner un abri au SDF, couvrir celui qui est nu : ce sont des gestes très concrets énoncés par le prophète Isaïe, et qui sont toujours d’actualité.

 

  • Aux « Restos du cœur », des colis alimentaires sont proposés à ceux qui ne peuvent manger à leur faim.

  • Des foyers d’hébergement essaient de fournir un toit, si possible de façon durable, à des sans domicile fixe ou sans abri.

  • Dans les vestiaires paroissiaux, des chrétiens s’affairent pour redistribuer des vêtements.

 

Malgré les progrès économiques, la misère est loin d’être éradiquée en nos pays occidentaux, et encore moins dans beaucoup de régions du tiers-monde.

Si les chrétiens n’ont pas le monopole du cœur, ils sont particulièrement concernés par ces appels : à la suite du Christ venu en ce monde apporter le salut, nous sommes envoyés dans le monde pour poursuivre. Et lorsque l’amour s’exerce sur notre terre, Dieu se révèle lui-même, nous accompagnant dans les chemins difficiles et nous donnant la force de l’Esprit Saint.

 

C’est vrai que, dans notre monde contemporain, la charité véritable est plus difficile à exercer qu’au temps du prophète Isaïe, où l’hospitalité allait de soi : il nous est difficile d’imaginer que nous pouvons recevoir un clochard à coucher ou même l’inviter à notre table. La médiation des associations est indispensable, mais rend moins visible notre action personnelle : ce que nous faisons semble être une goutte d’eau dans la mer.

 

Si certains témoins prestigieux de l’amour du Christ sont de véritables phares de notre humanité, la plupart d’entre nous n’est que bien ternes, sans pour autant que notre action soit disqualifiée : l’image du sel évoque ces innombrables hommes et femmes qui, de façon cachée, donnent du goût de vivre à leur entourage ; le témoignage peut être invisible sans être disqualifié pour autant.

 

La spécificité du chrétien n’est pas d’être meilleur que les autres. En matière de solidarité, beaucoup de non-chrétiens s’investissent de façon énergique dans l’action humanitaire et nous en remontrent. Notre tâche spécifique est d’être témoins : « de même que, votre lumière brille aux yeux des hommes, alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » nous dit Jésus dans l’évangile de Matthieu. Certaines associations caritatives sont parfois traversées par des conflits internes, des rivalités de pouvoir ; dans ces conditions, elles ne rendent pas gloire à Dieu ! Il ne doit pas en être ainsi de notre action ; celle-ci doit s’intégrer dans un climat de grâce, de gratuité.

Demain se trouve être la « journée mondiale des malades ». Quelques personnes de notre communauté paroissiale consacrent du temps et des forces à exercer une tâche d’accompagnement des personnes âgées de la maison de retraite de la commune. Démarche de solidarité, démarche d’offrande spirituelle. D’autres personnes plus anonymement visitent chez elles des personnes âgées, malades pour leur apporter le soutien du Seigneur.

Voilà autant de petites lumières s’ajoutant à toutes les autres, connues ou inconnues, dont le rôle est de rendre bien souvent la joie de vivre à des personnes découragées, isolées.… N’est-ce pas là aussi une belle manière de rendre gloire à Dieu et d’être lumière de midi ! 

 

 

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