Souffle et feu de l’Esprit !

Publié le par Paroisse Leguevin

Pour parler de l'Esprit Saint, commençons par reprendre simplement les vieux symboles utilisés par les évangélistes, et les auteurs de l'Ancien Testament avant eux. Les deux images qui reviennent le plus souvent sont celle du souffle et celle du feu.

Le vent, nous connaissons. Tantôt, il est murmure et il faut prêter l'oreille pour l'entendre, comme pour entendre un secret. Tantôt, il souffle en tempête et rien ne semble pouvoir résister à sa force. Tantôt, il vient du nord, tantôt il tourne au sud, ou à l'ouest ou à l'est.
Ne dit‑on pas également : libre comme l'air, libre comme le vent ? Le vent est lié à la vie : il apporte la pluie et la végétation démarre... mais parfois il dessèche tout sur son passage.
On dit aussi : retrouver son souffle, perdre son souffle, rendre son dernier souffle.

  • Il me semble que l'Esprit Saint ressemble à ce vent. Il est Dieu agissant librement dans le monde et au plus intime de l'homme.
  • "Le souffle de Dieu planait sur les eaux", dit la Genèse. Le psalmiste en ce dimanche loue Dieu en disant : "Tu envoies ton souffle ; tu renouvelles la face de la terre". Nous croyons en effet que le souffle de l'Esprit est capable de nous renouveler au plus profond de nous‑mêmes et pas seulement en surface.
  • L'Esprit a parlé par les prophètes, disons‑nous dans le Symbole de Nicée. Combien de paroles de Jérémie, d'Ezéchiel, d'Isaïe... nous ont interpellés, bousculés ? L'Esprit intervient tout au long de l'Evangile : à l'Annonciation, au baptême de Jésus qu'il conduit ensuite au désert et lui permet de résister aux tentations. Il est promis par Jésus aux Apôtres et à son Eglise. Il est présent à la naissance de celle‑ci au jour de la Pentecôte.
  • A chaque fois, qu'il soit vent violent ou murmure confidentiel, il emporte l'homme où il ne pensait pas aller, à condition bien sûr, de dépasser les doutes et les craintes. L'action de l'Esprit est imprévisible pour nos regards limités aux horizons de nos petits jardins intérieurs. Mais là où il nous emmène, si nous avons le courage de le suivre, c'est bien là où nous devons aller.

Mais cette route qu'il nous est demandé de prendre n'est pas toujours parfaitement éclairée ou nos yeux ne voient pas clair et notre coeur manque de courage. Alors souvenons-­nous que l'Esprit Saint est présenté comme "une sorte de feu". Et du feu, je vous propose de retenir deux évocations. Il peut être lumière ; il peut donner la chaleur.

Avant l'usage de l'électricité, on allumait un feu dans la grande cheminée de la pièce commune. Celle‑ci s'en trouvait éclairée et réchauffée et toute la famille se regroupait dans une ambiance feutrée et réconfortante.

Avant l'électronique et les radars sophistiqués, les feux des phares, sur les côtes, guidaient les navires dans la nuit et redonnaient courage aux marins fatigués.

  • Le Saint Esprit est la "lumière de nos coeurs", "lumière bienheureuse", car elle met chacun en face de sa vérité. Elle aide chaque individu, et l'Eglise à pénétrer dans le mystère, la révélation de Dieu.
  • Le Saint Esprit nous est aussi donné comme chaleur, c'est‑à‑dire comme force. Sa force est la force de l'amour. En nous faisant passer des ténèbres à la lumière, il libère des peurs, des forces d'enfermement et de mort. Si en nous grandit l'amour, nous deviendrons capables, comme les Apôtres, de proclamer les merveilles de Dieu. Nous pourrons, chacun à notre manière, pour le bien de tous, être témoins de Jésus et bâtir la communauté des hommes.

Il y a encore beaucoup à faire. Mais nous avons confiance puisque l'Esprit agit en chacun de nous et dans l'Eglise. La Pentecôte est un point de départ. Demandons à Dieu qu'il fasse souffler sur les voiles de l'Eglise un grand vent de Pentecôte.
Alors rempli de cet esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et d'affection filiale, chacun de nous pourra dire :

"Seigneur je me sens gonflé d'énergie,
J'ai envie d'aller parler de toi à ceux qui ne te connaissent pas : mes amis et tous les autres.
Merci de m'avoir donné ta force. Merci de me faire confiance. »

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