La première en chemin

Publié le par Paroisse Leguevin

 

La première en chemin !

 

              Aujourd’hui, c’est l’Assomption, fête de la Vierge. Le 1° novembre 1950, le Pape Pie XII a proclamé la foi des chrétiens en l’Assomption de la Vierge Marie. Mais bien avant, depuis le VI° siècle, on avait pris l'habitude de fêter l'élévation de Marie dans la gloire de Dieu ; et de nombreux artistes, surtout au Moyen‑Age, se sont plu à représenter Marie bien installée auprès du trône de son Fils pour profiter du « repos éternel » au milieu de tous les anges de Dieu. Cette manière un peu naïve de nous représenter les choses du ciel ne correspond guère à ce que fut la vie terrestre de Marie.

 

              A la lecture des évangiles, on constate qu'il n'y a pas eu de vie plus bousculée et itinérante que la sienne. Alors que, selon une tradition vénérable, elle aurait fait vœu de virginité, elle se trouve enceinte le jour de l'Annonciation par l'opération du Saint‑Esprit ; le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'avait pas prévu cela.

  • On la voit alors partir en hâte rendre visite à sa cousine Elisabeth près de Jérusalem, à trois jours de marche de son village.
  • De retour à Nazareth, nouvel imprévu : c'est le recensement ordonné par l'empereur de Rome, elle doit se remettre en route avec Joseph vers Bethléem où elle met au monde son enfant Jésus.
  • Mais survient ensuite la fuite en Egypte pour se soustraire aux menaces du roi Hérode. Puis elle revient à Nazareth.
  • Par la suite, nous la retrouvons avec Joseph sur les routes de Palestine pour le pèlerinage annuel à Jérusalem à l'occasion de la Pâque Juive.

              Alors que vers 1’âge de 30 ans, Jésus commence sa « vie publique », Marie ne reste pas inactive ; on devine sa présence discrète près des disciples de Jésus. On la trouve à Cana, on la retrouve au Calvaire, debout au pied de la Croix, puis au Cénacle avant la Pentecôte, priant au milieu des apôtres. Une tradition nous dit même que plus tard, elle aurait accompagné l'apôtre Jean pour annoncer l'évangile en Asie Mineure et qu'elle serait morte auprès de lui à Ephèse en Turquie.

 

              Cette vie de Marie nous montre ce que doit être la vie de l'Eglise. De même que Marie ne s’est jamais installée nulle part et qu'elle a fait face aux événements prévus et imprévus comme une femme pleinement responsable, ainsi l'Eglise tout au long de son histoire, ne doit jamais s'installer dans la sécurité. Dès qu'elle en est tentée, le Seigneur lui rappelle, d'une manière ou d'une autre, qu'elle doit recommencer sans cesse l'évangélisation du monde, s'adapter aux changements de l'histoire, apprendre des langages toujours nouveaux, afin que tous comprennent la Bonne Nouvelle.

 

              La vie de Marie nous montre aussi par le fait même ce que doit être notre propre vie chrétienne : une conversion sans cesse recommencée. Il nous faut sans cesse repartir, nous remettre en route, en marche, à la suite de Jésus, ensemble, en Eglise, avec Marie. Nous sommes trop souvent tentés de nous installer dans nos petites habitudes pieuses et tranquilles, dans nos soi-disant certitudes, dans notre petit monde, alors que le monde réel se transforme et que c'est dans ce monde toujours changeant que nous devons être lumière et ferment de justice et d'amour.

              A l’exemple de Marie, il nous faut accueillir les imprévus de chaque jour comme des appels de Dieu, comme des signes qu'il nous fait, afin d'assumer les responsabilités toujours nouvelles qui se présentent à nous. Comme Marie, il nous faut être disponibles afin de reprendre les paroles de Marie : « Que tout se passe pour moi selon ta parole, Seigneur ! »                                                                                                                                                    

 

              Maintenant Marie est dans la gloire du ciel : gardons‑nous bien de nous la représenter installée confortablement dans un repos bien mérité. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus disait quelques jours avant sa mort : « Ma mission va bientôt commencer ... Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre ».

              A plus forte raison Marie, avec son cœur de mère aux dimensions du cœur de Dieu, est-elle préoccupée de tous ses enfants de la terre, ceux qui la prient, et aussi, bien sûr, ceux qui ne la prient pas. Elle a toujours eu l'habitude de se laisser bousculer par Dieu et par les événements.

              N’ayons pas peur de la déranger, nous qui sommes ses enfants. Demandons-lui d'être toujours prêts comme elle à servir : servir nos frères, servir l’Eglise, servir le Seigneur !

 

 

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