Ces prophètes qu’on ne veut pas entendre !

Publié le par Paroisse Leguevin

Ces prophètes qu’on ne veut pas entendre !

ANNEE C   04° Dimanche du Temps Ordinaire   Léguevin  29 & .30  Janvier 2022

<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

 

 

            Sur un bon millier d’enfants et de jeunes que j’ai préparés à la communion depuis que je suis prêtre, combien restent fidèles à la fréquentation régulière de l’Eglise, à la pratique religieuse du dimanche ? Peut-être un petit dixième…

            Si on les interrogeait, la plupart dirait garder un bon souvenir de leur catéchisme, de leurs rencontres d’aumônerie… mais que les soucis des études, de la vie professionnelle ont envahi leur démarche spirituelle et qu’en définitive le message de l’Evangile n’a pas résisté aux multiples sollicitations de l’univers médiatique dans lequel ils se trouvent.

            Beaucoup de jeunes, malgré des poussées d’enthousiasme comme aux JMJ (Journées Mondiales des Jeunes) aux Rassemblements de Taizé, aux Jamborees scouts…  trouvent le message de l’Eglise dépassée. Certains auront même une attitude agressive vis-à-vis de la Foi chrétienne, alors qu’ils n’ont reçu ni de ma part, ni des responsables de la catéchèse, un message moral difficile à appliquer. Mais leur approche de l’Evangile est comme submergée par des préjugés hostiles vis-à-vis de l’Eglise, perturbée ces dernières années par les scandales liés à certains de ses membres.

         Si l’Eglise n’est plus en butte à une hostilité anticléricale comme au début du 20ème siècle, elle est ébranlée par une indifférence religieuse massive qui discrédite la qualité de son message. Il semble que d’autres religions aient le vent en poupe : nous prêchons l’Evangile de Jésus Christ et c’est le bouddhisme, l’Islam qui se développent de plus en plus dans notre pays.

            Pourtant dans ce contexte interreligieux, la personnalité humaine de Jésus résiste à la contestation. Dans de nombreux sondages effectués au sein de la société, la figure du Christ reste au « top niveau ». Des films, des spectacles centrés sur Lui ont fait recette, mais c’est Jésus de Nazareth, l’homme historique, qui en reste le centre. Par contre la dimension divine du Christ échappe à la plupart de nos contemporains qui veulent bien considérer en Lui le fils de Joseph de Nazareth, mais ne peuvent reconnaitre en sa personne le Fils de Dieu. 

   Eh oui, « aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays » ! Et Jésus dont le message était la Bonne Nouvelle du salut, s’est trouvé lui-même en butte à la réaction hostile de ses contemporains. Enthousiasmant les foules par ses actes, ses guérisons, ses miracles…, il a pourtant rencontré une contestation d’autant plus forte qu’elle venait de ceux qui l’avaient connu comme enfant et adolescent de Nazareth.

Dès sa prédication à Nazareth, au début de son ministère évangélique, il s’est trouvé violemment rejeté, au point qu’on voulait le précipiter du haut de la colline. (Cf. Luc 4/29)  Connaisseur de la tradition d’Israël, il sait très bien que les prophètes (Elie, Elisée, Moïse, Jérémie ...) sont rejetés dans leur propre pays.

        Mais la réussite ou l’échec des prophètes n’est pas l’enjeu déterminant de l’Evangile. L’essentiel, le « chemin par excellence » c’est l’Amour.

            « J’aurai beau être prophète…avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien » nous rappelle l’apôtre Paul. Nous avons, à la suite de Jésus, la vocation d’être témoin, prophète même, mais nous n’avons pas d’obligation de résultats. Ce n’est pas à la réussite de notre prédication que nous serons en définitive jugés, mais à l’amour que nous aurons manifesté à l’égard de nos frères. Ces hommes et ces femmes qui n’entendent pas ou ne veulent pas entendre le message de l’Evangile, nous sommes appelés à les aimer, comme le Christ a toujours aimé davantage la « brebis égarée et retrouvée » (Cf. Luc 15/5-7)

            Cet amour sans faille, le Christ l’a vécu pleinement sur la Croix en donnant sa vie par amour de toute l’humanité. C’est apparemment l’échec total, mais c’est pourtant en ce moment crucial qu’un centurion peut s’exclamer : « vraiment cet homme était Fils de Dieu ».

           Oui, la mission du témoin de l’Evangile est périlleuse. Jésus en est la preuve. Pour autant, même si nous sommes parfois incompris, annonçons la Bonne Nouvelle sans fléchir.

Publié dans Mot Père Philippe

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article