Amour sans frontière.

Publié le par Paroisse Leguevin

Amour sans frontière.

ANNEE C.  7° Dimanche du Temps Ordinaire.  Léguevin  les 19 et 20 Février 2022

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Le passage d’Evangile lu aujourd’hui succède immédiatement aux Béatitudes entendues la semaine dernière. Jésus avait proposé une morale nouvelle, un agir nouveau : être pauvre, avoir faim, pleurer, accepter d’être rejeté. Aujourd’hui, il déclare : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent ».   

 

Et pour qu’il n’y ait pas d’échappatoire, pour que nous ne puissions pas mal interpréter ses paroles, Il a pris soin de préciser le mot « ennemi », en nous donnant sept exemples très concrets. Qui sont-ils nos ennemis ? Ceux qui nous haïssent… qui nous maudissent… qui nous calomnient… Celui qui nous frappe sur une joue… qui nous prend notre manteau…qui nous demande quelque chose… Celui qui nous vole… !

 

En insistant ainsi, il nous demande de regarder vraiment autour de nous, de ne pas avoir peur d’être dérangés, bousculés … et d’aimer ceux qui ne pensent pas comme nous… ceux qui nous agacent… ceux qui votent différemment de nous… ceux qui nous accaparent tout notre temps… ceux qui nous demandent constamment un service… ou nous empruntent quelque chose qu’ils oublient de rendre… ceux qui nous ont fait du tort… bref « ceux que nous n’aimons pas assez »

 

Il faut aller jusqu'au bout de la pensée de Jésus : la solidarité, le geste au service des autres ne sont pas toujours suffisants ! Car attention ! Des solidarités, belles en apparence, peuvent être très intéressées, orientées vers le profit, ou vécues à l’encontre des autres. La solidarité humaine ne devient chrétienne que si elle devient universelle, en se méfiant des affinités naturelles dans lesquelles l’entente s’exerce parfois spontanément au détriment des autres ! C’est bien un amour sans frontière que Jésus demande : aimez vos ennemis !

 

Et il donne une précision importante : « Aimez vos ennemis…vous serez les fils du Très-Haut… Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. » C’est vrai que Dieu, plein de miséricorde, aime tendrement tous ses enfants, y compris et surtout ceux qui ne l’aiment pas. Certains d’entre vous pourraient dire : c’est bien facile, pour Dieu, d’aimer ! Il est tellement loin, tellement hors de nos conflits quotidiens et de nos coups reçus ou donnés !

 

Dire ou penser cela, c’est avoir une fausse idée de Dieu. Son Fils, Dieu incarné, par amour de son Père et de tous les hommes, a accepté d’être giflé sur une joue par le serviteur du Grand Prêtre… n’a pas refusé d’être flagellé… dépouillé non seulement de son manteau mais aussi de tous ses vêtements… Il a tendu ses deux mains et ses deux pieds pour être attaché à la croix.

 

Et au moment de donner jusqu’à son dernier souffle et de remettre l’esprit, il demande à son Père de pardonner à ses bourreaux. Voilà donc jusqu’où est allé le Père dans son amour pour les mauvais et les ingrats : il n’a pas refusé de donner son propre fils. En Jésus s’est incarné l’amour du Père pour tous les hommes. Ainsi, nous pouvons dire que Dieu en est mort d’aimer ses ennemis. Il a vraiment le droit de nous demander d’aimer à notre tour nos ennemis.

 

Au terme de notre réflexion, peut-être serons-nous encore tentés de dire : « Seigneur, tu n’es pas raisonnable ! C’est trop difficile ce que tu nous demandes : aimer nos ennemis ». Et puis sans relâche, avec patience et tendresse, Dieu nous répondra :

 

« Fais pour les autres ce que tu veux qu’on fasse pour toi. Tu as envie qu’on t’aime, qu’on te pardonne, qu’on ne te juge pas… Tu veux me ressembler ?

Alors, jette-toi dans le feu de l’amour. En aimant comme j’aime, tu feras grandir tes frères, même s’ils te maudissent, ou te calomnient.

Eux aussi comme toi sont mes frères ; je vois le fond de leur cœur… Eux aussi essaient, comme toi, d’aimer vraiment.

Alors, n’hésite pas, fais-moi confiance, je suis avec toi, et je remplirai ton cœur d’un amour sans frontière ! »  

Publié dans Mot Père Philippe

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