Heureux êtes-vous … Malheur à vous !

Publié le par Paroisse Leguevin

Heureux êtes-vous … Malheur à vous !

ANNEE C   /   06° Dimanche du Temps Ordinaire.  Léguevin.  12 & 13 février  2022

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Heureux êtes-vous … Malheur à vous !
 

         « Heureux, vous les pauvres » ! Ces paroles du Christ vont à l’encontre de ce que le monde pense ; elles nous laissent perplexes et mal à l’aise. Comment pouvons-nous affirmer « heureux les pauvres » quand nous voyons autour de nous ou sur nos écrans de Télévision des hommes, des femmes, des enfants noyés dans la précarité, la solitude, la misère, le dénuement…

            Prenons garde de ne pas interpréter les paroles du Christ d’une manière purement humaine, en atténuant leur sens pour les rendre finalement insignifiantes. Que signifient-elles donc ces paroles ? « Heureux les pauvres… » ne veut pas dire « Heureux les miséreux… »

 Quand Jésus s’exprime ; il utilise le langage de son temps, il prend les mots dans le sens qu’ils ont alors. Dans cette petite phrase « Heureux les pauvres », il s’agit des pauvres au sens biblique du mot.

* Les pauvres, pour Jésus, ce sont d’abord ceux qui se reconnaissent petits devant Dieu,

       - ceux qui font confiance à leur Père du ciel, face à l’imprévu ou face à l’épreuve…

       - ceux qui reconnaissent leurs limites et qui ne se prévalent pas de leur soi-disant mérite…

       -ceux qui sont toujours prêts à remettre en question, à la lumière de l’évangile,   leurs idées ou comportements, car ils sont convaincus de ne pas posséder toute la vérité.

              Ils sont toujours en recherche de la vérité…

       -ceux qui laissent « plus de place pour la Parole de Dieu … dans leur cœur où le Seigneur                     peut entrer avec sa nouveauté constante » (Pape François dans  Gaudete et Exsultate n° 68)

* Les pauvres selon la bible, ce sont aussi ceux qui se reconnaissent petits devant leurs frères,

       - ceux qui aiment les petits, qui sont heureux de vivre avec eux et comme eux…

       - ceux qui sont heureux d’être pris pour des petits. Ils se débarrassent de tout esprit de                       supériorité, ils pensent très sincèrement que « les petits sont leurs maîtres »

            et qu’ils ont beaucoup à apprendre d’eux…

       - ceux qui font tout leur possible pour bâtir un monde qui soit au service des démunis

            au lieu           d’être au service de l’argent et des privilégiés…

 * Enfin, les pauvres, pour Jésus, ce sont les gens qui, restent petits dans leur cœur,

       - ceux qui ne s’inquiètent pas du lendemain…

       - ceux qui ne regardent pas leurs biens avec un regard de propriétaire,

            car pour eux, talents ou richesses matérielles, pécuniaires ou spirituelles sont des moyens

            pour servir davantage les autres. 

 Nous comprenons mieux pourquoi Jésus nous parle de « malheur » pour nous si nos biens tendent à nous replier sur nous-même et à éloigner de nous les autres. Si nous mettons notre joie dans l’argent, nous avons un cœur de païen. Heureux sommes-nous, au contraire, si, par notre esprit de partage, nous mettons nos biens au service des défavorisés en les traitant comme des frères, d’égal à égal. Ce que le Pape François, dans son exhortation sur la sainteté, nous suggère lorsqu’il nous « invite à une existence austère et dépouillée ». « De cette façon, poursuit-il, saint Luc nous appelle à partager la vie des plus pauvres, la vie que les Apôtres ont menée, et en définitive à nous configurer à Jésus qui, étant riche, ‘s’est fait pauvre’ (2 Co 8/9) » (Pape François dans  Gaudete et Exsultate n° 70)

      Oui, « réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ».  C’est comme un acte de foi qui rejoint ce que nous dit saint François d’Assise dans sa prière dite simple … mais combien exigeante. « Fais, Seigneur, que je ne cherche pas tant d’être consolé que de consoler ; d’être compris que de comprendre ; d’être aimé que d’aimer ; parce que c’est en se donnant que l’on reçoit ; c’est en s’oubliant qu’on se trouve ; c’est en pardonnant qu’on obtient le
pardon ; c’est en mourant que l’on ressuscite à l’éternelle vie ! Seigneur, fais de moi un instrument de ta Paix ! »

Publié dans Mot Père Philippe

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