Voir la Lumière !

Publié le par Paroisse Leguevin

Voir la Lumière !

ANNEE C.  02° Dimanche de Carême ;  Léguevin.  Samesdi 12, dimanche 13 mars  2022

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Gravir une montagne… nous retrouver au sommet après avoir peiné dans des petits chemins… découvrir un merveilleux paysage… et parfois voir la lumière dans tout son éclat. Quelle belle expérience !

            Mais ensuite, lorsque nous redescendons, nous retrouvons le paysage sous sa forme habituelle. Cependant le souvenir de ce que nous avons contemplé au sommet, reste fortement imprégné dans nos esprits et nos coeurs. Nous avons vécu comme une transfiguration de notre regard.

 

            Aujourd’hui, l’évangile nous présente une expérience de transfiguration : celle de Jésus devant trois de ses apôtres qui seront, par la suite, témoins d’une autre transfiguration au mont des Oliviers, à Gethsémani, quelques heures avant l’arrestation de Jésus. Aujourd’hui transformation rayonnante, demain transformation douloureuse du visage.

 

            Celle d’aujourd’hui s'inscrit dans la tradition de Moïse et d'Élie : ces deux grands prophètes s'étaient rendus sur la montagne du Sinaï et ils y avaient découvert de façon fantastique la présence du Seigneur, du Dieu invisible.

            Sans voir le Seigneur de face, Moïse l'avait rencontré tout d’abord « dans la flamme d’un buisson en feu » (Ex 3/3ss) puis au milieu « des coups de tonnerre et des éclairs » (Ex 19/16). Il lui parlait comme un ami parle à un ami.

            De façon plus discrète, Élie caché dans un rocher, avait entendu la voix du Seigneur dans « le murmure d’une brise légère » (1 Ro 19/12). Il écoutait avec attention les recommandations de Dieu.

            Il n'est donc pas étonnant que Jésus transfiguré soit sur la montagne du Thabor, en Galilée, aux côtés de Moïse et d'Élie. Mais l'expérience de Jésus transfiguré est unique car la voix du Père se fit entendre en ces termes : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le » (Mt 17/5) : aucun prophète n'avait été désigné de la sorte.

 

            Pierre, Jacques et Jean sont les témoins privilégiés de la scène : ils voient de leurs yeux la lumière éclatante du rayonnement de Jésus ; mais leur attitude est déconcertante. Tout d'abord, ils sont ensommeillés en ce moment décisif (comme ils le seront plus tard dans le jardin des Oliviers), avant d'être réveillés par la vision de la gloire. Quand ils prennent la mesure de l'événement, ils souhaitent le prolonger, en s'installant à cet endroit, alors que cette transfiguration est un événement transitoire, destiné à entrevoir la gloire à venir du Christ.

 

            Notre vie spirituelle est aussi ponctuée de moments privilégiés, où la présence du Seigneur nous semble évidente, tout en étant marquée par de longues périodes de désolation, de lassitude, de désert.

            Par et en sa résurrection, le Christ est définitivement transfiguré et nous entraîne avec lui, dans la lumière de sa gloire. Nous sommes appelés nous aussi à une existence transfigurée. C'est ce qu'affirme explicitement l'apôtre Paul aux Philippiens en écrivant : "nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus‑Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l'image de son corps glorieux."

             Notre vie sur la terre est un passage vers d'autres cieux où nous serons remplis de l'amour et de la gloire de Dieu. Les moments fugitifs de transfiguration sont un avant‑goût de cette existence définitive dans la gloire. Leur souvenir nous aide à traverser les moments difficiles et à attendre notre entrée définitive dans le Royaume.

 

            L’Eucharistie est aussi un des moments privilégiés où le Seigneur de gloire vient à notre rencontre. Pendant un court moment, il nous est donné d'avoir part à la table du Royaume, il nous est donné de voir la lumière. Mais n’installons pas nos tentes dans l'Église : nous somme invités à repartir dans le monde pour poursuivre notre mission de témoins dans l'attente de la vision glorieuse. Et quand nous ployons, levons les yeux vers le mont Thabor, le mont de l’Espérance.

 

 

Publié dans Mot Père Philippe

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