Regard positif, bienveillant, tourné vers l’avenir !

Publié le par Paroisse Leguevin

Regard positif, bienveillant, tourné vers l’avenir !

ANNEE C. 05° Dimanche de Carême. Léguevin. 02 & 03 Avril 2022

<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

(La liturgie nous fait parfois des clins d’œil amusants. Alors que nous sommes en présence de couples célébrant leurs fiançailles et préparant leur mariage, l’évangile nous rapporte un événement délicat d’une femme prise en flagrant délit d’adultère)

 

Aujourd'hui, dans l’évangile Jésus est affronté d'un côté à ceux qui seront la cause de sa mort, ceux qui se croient justes et qui se font juges... et d'un autre côté à ceux qui sont réputés injustes comme pécheurs, symbolisés par cette femme prise en flagrant délit d'adultère.

En réalité, tous sont pécheurs, les premiers par orgueil ou cruauté et elle par faiblesse ou lâcheté. Dans quelques jours, Jésus se trouvera, à nouveau, face à l'orgueil et à la cruauté de Caïphe et de Pilate, et il deviendra le compagnon solidaire de deux pécheurs publics, deux voleurs, deux larrons mis en croix avec lui...

Vingt siècles plus tard, nous sommes toujours interpellés : nous mettons‑nous du côté de l'orgueil ou du côté de la faiblesse ? Lequel d'entre nous peut se dire sans péché ?

 

            Ainsi donc, ce matin‑là, scribes et pharisiens sont arrivés au Temple de Jérusalem avec la volonté de trouver un grief d'accusation contre l'imposteur de Nazareth. N'est‑il pas indulgent envers les publicains suspects de malhonnêteté et de malversations, envers les femmes de mauvaise vie et envers tous ceux qui vivent en marge de la Loi de Moïse.

Pour le confondre, plusieurs fois déjà, on lui a tendu des pièges, dont il s'est toujours sorti avec une certaine habileté. Mais cette fois, il ne s'agira pas de questions théologiques, de cas imaginés, mais d'une affaire vraie, concrète avec des acteurs vivants et présents. Et il faudra bien ou qu'il prenne le parti de la Loi dans toute sa rigueur, ou qu'il s'en déclare indépendant, et qu'il fasse ainsi figure d'infidèle et d'hérétique.

 

L’occasion se présente avec cette femme convaincue d'adultère. La Loi de Moïse prévoit la mise à mort par lapidation. A vrai dire, il semblerait qu'à l'époque de Jésus on n’appliquait pas habituellement la sentence de mort prévue par la Loi ; souvent, le mari bafoué se contentait de répudier l'infidèle après l'avoir rouée de coups.

            Mais ce jour‑là, on veut faire un exemple : pour confondre Jésus, on est prêt à tuer cette malheureuse sans même lui donner la parole ou une occasion de se défendre. Sous prétexte d'obéir à la Loi, on est prêt à l'injustice et à la cruauté. Mais pour les accusateurs, il s'agit surtout de disqualifier Jésus. Va‑t‑il lapider cette femme ? Ou va‑t‑il refuser de le faire en se mettant ainsi en contradiction avec la Loi de Moïse ?

 

            Admirons la finesse de Jésus. Pour ne pas se solidariser avec ceux qui jugent la femme, il se baisse et dessine nonchalamment par terre, se faisant proche de cette femme jetée par terre.

            Puis se redressant, se mettant au même niveau que les accusateurs qu’il regarde bien en face, les yeux dans les yeux, il laisse tomber la parole qui fait tout basculer : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter une pierre ». Au lieu de prononcer une sentence, Jésus en appelle à la conscience de chacun des accusateurs. L'évangéliste note avec malice que les plus âgés s'en vont les premiers. Se sentent‑ils moins innocents ou sont‑ils plus lucides ?

            Finalement, il n'y a plus que Jésus pour juger la pécheresse. Elle a en face d'elle le seul qui n'ait aucun lien avec le mal. Face à lui, elle a davantage peur du jugement de Jésus qu'elle appelle "Seigneur" que des pierres de ses détracteurs. Mais Jésus s'empresse de la rassurer en lui donnant son pardon.

 

            Ainsi Jésus est venu sur terre non pas d'abord pour les honnêtes gens, mais pour les pécheurs. Il est venu pour Zachée, pour Marie‑Madeleine, le bon larron. A tous ces pécheurs, Jésus pardonne leurs fautes et leur rend leur dignité d'homme et de femme.

            Mais il fait plus que leur donner une absolution : il les remet "debout" ! Il ne leur donne pas un certificat de bonne conduite mais les exhorte à changer de vie en disant à chacun : « Va, et désormais ne pèche plus. »

            Jésus a confiance en l'homme, Jésus a confiance en chacun de nous qu'il sait capable de sortir de son péché ! Il nous donne la possibilité de changer notre jugement vis-à-vis des autres. Nous devons passer d'un regard parfois négatif et pessimiste à un regard positif, bienveillant, tourné vers l'avenir, sans regret ni nostalgie du passé !

Publié dans Mot Père Philippe

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article