A vous d’être mes témoins

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A vous d’être mes témoins

ANNEE C. FETE DE L’ASCENSION. Léguevin. 26 Mai 2022 <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

 

Dans la première lecture, il nous est donné d’entendre les derniers mots terrestres de Jésus aux siens. C’est une promesse : « Vous allez recevoir une force, quand le Saint Esprit viendra sur vous ». Avec l’Ascension, commence le temps de l’absence : absence physique de Jésus auprès des siens, mais aussi commence le temps d’une autre présence tout aussi bénéfique.

 

            Jésus lui-même, durant ses trois années passées auprès de ses disciples, leur a montré l’importance d’être attachés à lui, d’écouter son message, de lui demeurer fidèles. Solidaire de l’humanité par le Baptême reçu au Jourdain, il montre la route, le chemin qui conduit vers son Père. Juste avant sa mort, Jésus a voulu demeurer présent pour toujours à ceux qui croient en lui : en instituant l’Eucharistie, mémorial de sa Passion-Résurrection, il a donné à l’Eglise le mystère de sa présence aimante et agissante, jusqu’au jour de son retour.

               

            Aujourd’hui, c’est donc avec plus d’intensité que nous pouvons profiter de cette chance qui nous est donnée : recevoir régulièrement le Corps du Christ pour mieux vivre de sa présence salvatrice et agissante dans notre vie quotidienne… Présence reçue dès notre Baptême.

                        Quelle étonnante expérience que celle de la foi en Jésus‑Christ : le ressentir présent et en vivre !

Reconnaissons-le cependant : nous éprouvons parfois le sentiment que le Christ s'absente de notre vie à l'heure de l'épreuve physique ou morale. « Où es‑tu, Seigneur ? Je suis perdu ! Pourquoi m’abandonnes-tu ? Pourquoi n’es-tu pas là ? », crions‑nous parfois ! Nos yeux, comme ceux des disciples d'Emmaüs, sont empêchés de le reconnaître et nous oublions peut-être trop vite que dans les épreuves de notre vie, il est là pour nous porter sur ses épaules.

                        Souvenons-nous du poème des traces sur le sable : Un homme revoit le film de sa vie avec la promesse que Jésus serait toujours avec lui, marchant à ses côtés sur le sable. Et pourtant une seule trace au moment des épreuves. Pourquoi ? Le Seigneur l’aurait-il abandonné ? « Je ne t’ai pas abandonné, lui dit le Seigneur, les jours où tu as vu à peine une trace sur le sable, furent les jours où je t’ai porté ».

 

       Au moment de son départ, Jésus demande aux Douze de « demeurer dans la ville, de  ne pas quitter Jérusalem », pour y recevoir, au jour de la Pentecôte, « une puissance venue d’en haut » qui leur permettra d’être ses témoins « jusqu’aux extrémités de la terre. »

            L’événement de Jésus qui s’élève parmi les ovations, nous dit le psalmiste, est tout ce qu’il y a de plus festif : on est invité à « battre des mains », à faire résonner «  le cor » et toutes les « musiques ». L’Ascension est jour de fête et de célébration du règne de Dieu et de son Christ, « sur toute la terre » et « pour tous les peuples », y compris les païens. La nostalgie n’a plus sa place, et c’est désormais le temps, pour les disciples dont nous faisons partie, de se mettre résolument à témoigner en sa faveur.

 

       Cette mission est la nôtre aujourd'hui. Comme les apôtres, nous sommes envoyés par le Ressuscité, choisis depuis notre baptême pour être ses témoins. La mission continue en effet. Il faut annoncer et construire le Royaume de Dieu. Pour cela, l’Esprit nous est donné : force même du Christ qui nous fait trouver au quotidien les réponses aux appels des plus pauvres…

       Tous, nous sommes envoyés en mission, mais chacun selon ses possibilités. Tous, nous sommes appelés à rendre Jésus vivant dans le monde d’aujourd’hui, d’une manière ou d’une autre, chacun à sa place, là où il vit, répondant en cela à une invitation de Saint François de Sales : «  Fleuris là où tu as été semé ! »            

 

       Notre mission est donc de nous engager à annoncer à tout homme cette merveilleuse nouvelle du salut : chacun est aimé, pour lui ; chacun a du prix aux yeux de Dieu ; chacun est attendu dans le cœur de Dieu, dans sa gloire. Si nous y croyons vraiment, si nous avons cette certitude que donne la foi, alors oui, vraiment, nous ne pouvons pas « rester là à regarder vers le ciel » … Une bonne nouvelle, ça se partage, ça s’annonce au plus vite

 

Publié dans Mot Père Philippe

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