Mon Père, je m’abandonne à toi !

Publié le

Mon Père, je m’abandonne à toi !

ANNEE C.  05° Dimanche de Pâques. Léguevin. 14 et 15 mai 2022

<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

            Ce Week End est marqué par la Canonisation de Charles de Foucauld. Comment ne pas être sensible à ce « Frère des hommes » qui a vécu avec intensité une phrase de Jésus qui nous dit : « Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. » Ce petit mot  « comme » change tout. Car souvent, on prétend aimer, mais on se trompe. Si on oublie le « comme », on néglige la référence essentielle qui authentifie notre amour …

              Combien de poèmes, de chansons, de compositions musicales et d'oeuvres d'art ont été inspirés par l'amour ! Combien de lettres, de conversations téléphoniques, de courriels sont motivés par l'amour de celui ou de celle qu'on aime ! Faire rimer « amour » avec « toujours », c'est facile. La difficulté c'est de savoir quel est le contenu de ce sentiment si noble.

       Trop souvent, nous aimons dans l’autre ce qui nous plaît, ce qui nous apporte des satisfactions en goûtant l’admiration que nous suscitons. C’est ramener l’autre à nous et pour nous. C’est ce qu’a vécu Charles de Foucauld durant des années « d’indiscipline doublée d’inconduite notoire » ! Mais ancien soldat, devenu explorateur, littéralement touché par la grâce, il décide sur-le-chanp de « ne plus vivre que pour Dieu » et non pour lui…

       D’où sa prière : « Mon Père… Je remets mon âme entre tes mains. Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je t’aime ».

       S’en remettant totalement à Dieu, il cherche à mieux le connaître dans la prière, le silence et la méditation des saintes écritures. Converti, il effectue plusieurs pèlerinages, retraites et séjours chez les Trappistes. Ce n’est qu’après son ordination, que frère Charles trouva définitivement sa voie en se « donnant aux âmes les plus délaissées ». A sa manière il reprenait la phrase de Jésus : « Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. »

       A notre tour nous devons aimer comme le Christ. Parcourant l’Evangile, nous constatons que l’affection et l’amour de Jésus pour les personnes ont toujours été gratuits. Il n’a jamais dit : « Je te guéris pour que tu restes avec moi ». Ou bien : « Si tu m’aimes, je te guérirai ». Peut-être, nous faut-il cheminer une bonne partie de notre vie pour en arriver à cette gratuité de notre amour vis-à-vis des autres. Comme le fit le Christ, il nous faut marcher ensemble (faire démarche synodale) avec les autres pour mieux discerner le bonheur qu’ils attendent de notre amour pour eux. Pourrons-nous dire avec Charles de Foucauld : « Mon Père… ce m’est un besoin d’amour de me donner … sans mesure ».       

       Aujourd’hui, il nous est proposé de relire ce que nous avons vécu, personnellement ou avec les autres ? Où en sommes-nous sur ce chemin de l'amour ? Où en sommes-nous de notre fraternité vis-à-vis des autres ? Sommes-nous en situation de Diaconie ? Pouvons-nous vérifier l'authenticité de nos sentiments et de nos comportements.

       Pour aimer, encore et toujours, il s’agit donc d’épouser la manière du Christ lui-même, de nous laisser transformer par lui pour, peu à peu, aimer comme lui ; il s’agit

  • de regarder les autres avec son regard bienveillant,
  • de leur dire ses mots de paix, de leur partager ses gestes de tendresse,
  • de leur faire découvrir son Evangile, de les inviter à sa Table.

             Il nous est demandé  de donner l’exemple de cet amour, et donc de vivre entre nous un amour fraternel qui parle du Seigneur et donne envie de le rencontrer et de s’abandonner en Lui.

Oui « Mon Père… quoique tu fasses de moi, je te remercie. Je suis prêt à tout, j’accepte tout… je m’abonne à toi avec une infinie confiance, car tu es mon Père ». Ce que Charles de Foucauld résume en : « Que toute notre vie soit un Evangile vivant ! »

 

 

Publié dans Mot Père Philippe

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article